The eco Zero Rate Loan
Envisager un investissement locatif dans l'ancien entraîne, dans la plupart des cas, des travaux plus ou moins lourds de rénovation énergétique. Selon votre situation, vous pouvez vous voir octroyer ce que l'on appelle un éco-PTZ (éco Prêt à Taux Zéro), un financement bancaire où l'État prend en charge les intérêts.
Ce prêt permet aux propriétaires occupants ou bailleurs d'effectuer des opérations de rénovation afin de diminuer considérablement la consommation énergétique du bien immobilier.
Certaines conditions doivent être respectées, des démarches doivent être effectuées, pour obtenir un éco-PTZ prenant en charge certains chantiers éligibles. Aucune condition de ressource n'est exigée pour bénéficier de ce dispositif de financement.
Les bénéficiaires et logements concernés
L'éco-prêt peut être accordé si le bien immobilier a été construit avant le 1er janvier 1990 et si celui-ci servira de résidence principale à votre locataire. Les bénéficiaires de cet éco-PTZ peuvent être les propriétaires occupants ou bailleurs, les SCI d'investissement locatif non soumises à l'IS avec au moins un des associés personnes physiques, dès lors que cette société met à disposition d'un associé l'immeuble gratuitement ou par le biais d'une location.
Sont également éligibles les sociétés civiles non soumises à l'IS avec au moins un associé personne physique pour la quote-part des opérations qui doivent être réalisées sur les parties communes d'une copropriété en s'engageant à mettre à disposition gratuitement ou à mettre en location. Les syndicats de copropriétaires peuvent également solliciter ce type de financement pour réaliser des opérations sur les parties communes de l'immeuble.
Les travaux concernés
Pour être éligibles à l'éco-PTZ, les opérations doivent concerner plusieurs catégories de chantiers de rénovation énergétique.
Réhabilitation du système d'assainissement non collectif
Des opérations de réhabilitation du système d'assainissement non collectif avec des dispositifs ne consommant pas d'énergie. Cette catégorie de chantiers permet d'obtenir un financement allant jusqu'à 10 000 €.
Performance énergétique globale
Des opérations qui permettent d'atteindre une performance énergétique déterminée par une étude thermique. Le seuil fixé est de 150 kWh/m2/an si la consommation avant opérations est supérieure ou égale à 180 kWh/m2/an. Dans le cas où la consommation est inférieure à 180 kWh/m2/an, le seuil est porté à 80 kWh/m2/an.
Ces opérations ne sont éligibles que si le logement a été construit après le 1er janvier 1948. Il convient de ne pas confondre l'étude thermique avec le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) qui reste un outil d'orientation mais pas de validation technique.
Pour ce parcours de rénovation globale, le montant maximal de l'éco-PTZ peut atteindre 50 000 €.
Bouquet de travaux
Des opérations répondant à 2 des 6 actions suivantes du bouquet de chantiers :
-
Isolation performante de la toiture permettant de réduire les déperditions thermiques par le haut
-
Isolation performante des murs extérieurs limitant les pertes de chaleur latérales
-
Isolation des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur pour éliminer les ponts thermiques
-
Installation ou remplacement d'un chauffage ou d'un dispositif d'eau chaude sanitaire plus performant
-
Installation d'un chauffage qui utilise les énergies renouvelables comme source principale
-
Installation d'un dispositif d'eau chaude sanitaire qui utilise les énergies renouvelables pour la production
Pour pouvoir bénéficier de cet éco-prêt, les opérations doivent être réalisées par une entreprise ayant obtenu la mention RGE - Reconnu Garant de l'Environnement, sauf pour les chantiers de réhabilitation du système d'assainissement non collectif avec des dispositifs ne consommant pas d'énergie.
Pour un bouquet de plusieurs actions, le montant maximal de l'éco-PTZ est de 30 000 €. Le montant varie selon le nombre d'actions entreprises : 15 000 € pour une action, 25 000 € pour deux actions, et 30 000 € pour trois actions ou plus.
Montant du prêt et modalités de remboursement
Ce prêt est accordé pour un montant maximal pouvant atteindre 50 000 €, sans intérêt, sur une durée maximale de 20 ans pour les opérations les plus lourdes, comme le financement de 3 opérations ou plus faisant partie du bouquet de chantiers ou les projets de rénovation globale.
Pour illustrer l'économie réalisée : un emprunt classique de 30 000 € sur 60 mois en 2026 avec un taux moyen de 4% génère des mensualités de 552 €, contre 500 € avec l'éco-PTZ, soit une économie de 3 120 € sur la durée totale.
Il faut noter que, tant que le prêt n'est pas remboursé intégralement, l'immeuble qui a bénéficié de cet éco-PTZ ne peut être transformé en local professionnel ou commercial, ne peut être affecté à la location saisonnière ou encore être utilisé comme résidence secondaire. Ces contraintes d'usage visent à garantir que le logement remplisse bien sa fonction de résidence principale.
Il est important de noter que l'éco-PTZ peut aujourd'hui être cumulé avec d'autres aides comme MaPrimeRénov' ou les certificats d'économies d'énergie (CEE). Afin de mener à bien ce projet d'investissement locatif ancien, il convient de vous renseigner sur toutes les aides qui peuvent être mises en place pour améliorer le bien immobilier ; de ce fait, faire appel à un professionnel prend tout son sens.
Un propriétaire bailleur peut obtenir autant d'éco-prêts qu'il possède de logements, chaque bien bénéficiant individuellement du plafond de financement.
Pré-requis avant de se lancer
Avant de déposer une demande d'éco‑PTZ, il est préférable de valider quelques points clés afin de partir sur de bonnes bases pour votre projet de rénovation énergétique.
Vérifier l'état du bâti
Avant de demander un éco‑PTZ, assurez-vous que le logement est « sain » sur le plan structurel. En présence d'humidité, d'infiltrations, d'une toiture dégradée ou d'une ventilation insuffisante, commencez par traiter ces problèmes : sinon, des opérations d'isolation peuvent favoriser la condensation et les moisissures, réduisant l'efficacité des chantiers énergétiques.
Un diagnostic préalable du bâti permet d'identifier les pathologies existantes avant d'engager des opérations d'amélioration thermique.
Prioriser les travaux (dans le bon ordre)
En règle générale, débutez par l'enveloppe du logement : toiture, murs, puis fenêtres selon leur état de conservation. Ajustez ensuite les équipements (chauffage, eau chaude, régulation) : remplacer le chauffage avant d'isoler peut conduire à surdimensionner l'installation et à réduire l'intérêt économique des opérations.
Cette hiérarchisation des chantiers maximise l'efficacité énergétique finale et optimise le retour sur investissement du projet de rénovation.
Vérifier la cohérence avec le DPE
Le DPE sert de repère pour identifier les postes les plus énergivores et orienter vos choix de chantiers. Il ne remplace pas une approche plus précise quand le projet est complexe, mais il aide à éviter des opérations mal ciblées qui améliorent peu la performance globale du logement.
Pour les projets ambitieux visant une performance énergétique globale, une étude thermique détaillée reste indispensable pour valider le dimensionnement des équipements et l'ordre des opérations.
Anticiper la copropriété (si applicable)
En copropriété, vérifiez ce qui relève des parties privatives et des parties communes, ainsi que les contraintes d'aspect extérieur (façade, fenêtres visibles, toiture). Certains chantiers peuvent nécessiter des autorisations, voire un vote en assemblée générale : mieux vaut l'intégrer dès le départ dans votre calendrier de projet.
Le règlement de copropriété peut imposer des contraintes spécifiques sur les matériaux, les couleurs ou les techniques employées pour les opérations visibles depuis l'extérieur.
Étapes détaillées de la demande (checklist)
Pour limiter les allers-retours et les oublis, il est conseillé de suivre un parcours simple, dans le bon ordre pour votre dossier de financement. Vous gagnez du temps et vous sécurisez votre demande d'éco-PTZ dès le départ.
1. Définir le programme de travaux
Commencez par lister les opérations envisagées et leur objectif (isoler, améliorer le chauffage, produire l'eau chaude, etc.). Si le projet est complexe, une étude ou un audit peut vous aider à choisir les actions les plus efficaces et à justifier la cohérence d'ensemble de votre programme de rénovation énergétique.
Cette phase de définition permet également d'estimer le montant global des chantiers et de vérifier l'adéquation avec les plafonds de financement disponibles.
2. Obtenir des devis d'entreprises RGE
Demandez des devis détaillés à des entreprises qualifiées RGE lorsque c'est requis pour les opérations concernées. Vérifiez que les devis précisent les matériaux, les performances thermiques et les quantités, car ce niveau de détail facilite souvent l'acceptation du dossier par la banque.
Les attestations de qualification RGE doivent être à jour et correspondre au domaine de chantiers concerné (isolation, chauffage, énergies renouvelables).
3. Constituer le dossier et le déposer en banque
Rassemblez les pièces demandées et complétez les formulaires nécessaires (formulaire emprunteur et formulaires entreprise). Déposez ensuite le dossier auprès d'une banque qui propose l'éco‑PTZ, en vérifiant que tout est cohérent entre les devis, le logement concerné et les opérations annoncées dans les formulaires.
La complétude du dossier dès le dépôt initial accélère significativement l'instruction de votre demande de financement.
4. Attendre la validation et planifier le chantier
Une fois l'accord obtenu de la banque, vous pouvez caler le calendrier avec les artisans pour le démarrage des opérations. Anticipez les délais (banque, disponibilité des entreprises, approvisionnement des matériaux) pour éviter que le chantier ne s'étire et dépasse le délai réglementaire de réalisation.
Le délai maximal pour réaliser les opérations après l'octroi du financement est en principe de 3 ans.
5. Finaliser après travaux (justificatifs et clôture)
En fin de chantier, conservez et transmettez les justificatifs demandés (factures détaillées, attestations de fin de chantiers, preuves de réalisation conformes aux devis). Cette étape permet de clôturer le dossier et d'éviter un blocage administratif lié à un document manquant ou non conforme.
Les factures doivent mentionner précisément les opérations réalisées, les matériaux installés avec leurs performances, et correspondre aux devis initiaux acceptés pour le financement.
Documents à préparer (et erreurs fréquentes)
Pour que la demande d'éco‑PTZ avance sans blocage, vous avez intérêt à préparer un dossier clair, avec des documents cohérents entre eux. La banque doit pouvoir vérifier, dès la lecture des devis et des formulaires, que les opérations de rénovation énergétique sont bien éligibles au dispositif.
Documents à préparer
Commencez par les formulaires éco‑PTZ : un formulaire « emprunteur » et un (ou plusieurs) formulaire(s) « entreprise », à faire compléter par les professionnels qui réalisent les opérations. Ajoutez ensuite les devis détaillés des chantiers (isolation, chauffage, eau chaude sanitaire, etc.) : ils doivent décrire précisément les prestations et rester alignés avec ce qui est indiqué dans les formulaires.
Prévoyez également les attestations RGE des entreprises lorsque la mention RGE est exigée, car cette qualification conditionne l'éligibilité dans la plupart des cas de chantiers énergétiques. Conservez enfin les justificatifs liés au logement (occupation en résidence principale, cas de location, date de construction du bien) ainsi que les pièces habituellement demandées par la banque pour l'instruction d'un dossier de financement.
Après le chantier, vous devrez transmettre les factures et les éléments prouvant que les opérations ont bien été réalisées, dans le délai prévu (en principe 3 ans après l'octroi du prêt).
5 erreurs à éviter
La première erreur consiste à démarrer les opérations trop tôt, avant d'avoir sécurisé le dossier et obtenu l'accord de financement de la banque.
La deuxième est de fournir des devis trop vagues ou non conformes : s'ils ne détaillent pas les performances thermiques et les postes de chantiers, le dossier devient difficile à valider pour l'établissement bancaire.
Troisième erreur : choisir une entreprise non RGE alors que la qualification est obligatoire pour les opérations visées, ce qui peut vous faire perdre l'éligibilité au dispositif d'éco-PTZ.
Quatrième erreur : confondre DPE et étude thermique/audit, et construire le projet uniquement sur un DPE alors qu'un document plus précis peut être nécessaire selon le parcours (notamment « performance énergétique globale »).
Cinquième erreur : inclure des opérations non éligibles ou mal rattachées au projet de rénovation énergétique, ce qui crée des incohérences entre formulaires, devis et factures finales.
"Bouquet de travaux" : exemples de combinaisons intelligentes
Choisir un bouquet de chantiers, c'est surtout choisir des actions qui se complètent pour maximiser l'efficacité énergétique. L'idée est de limiter les pertes de chaleur par l'enveloppe, puis d'adapter les équipements pour éviter de chauffer inutilement et améliorer le confort thermique du logement.
Combo 1 — Toiture + murs
C'est souvent la combinaison la plus "efficace" quand le logement est une maison individuelle ou un dernier étage mal isolé d'un immeuble collectif. L'isolation de la toiture réduit rapidement les déperditions thermiques vers le haut, et l'isolation des murs stabilise la température intérieure sur la durée. Résultat : vous ressentez moins de parois froides et le système de chauffage fonctionne moins souvent, réduisant significativement la consommation énergétique.
Cette combinaison de chantiers permet généralement de franchir au moins un saut de classe énergétique au DPE.
Combo 2 — Fenêtres + isolation + ventilation
Ce trio fonctionne bien quand les menuiseries sont anciennes et que le logement est sujet aux courants d'air ou à l'humidité excessive. Le remplacement des fenêtres limite les infiltrations, mais il doit être cohérent avec les opérations d'isolation : sinon, vous risquez d'améliorer un point tout en laissant passer le froid ailleurs et en créant des ponts thermiques.
La ventilation (ou son amélioration) devient alors essentielle, car un logement plus étanche a besoin d'un renouvellement d'air maîtrisé pour éviter condensation et moisissures qui nuiraient à la qualité de l'air intérieur.
Combo 3 — Chauffage + eau chaude + régulation
C'est un bouquet "confort + pilotage" : vous remplacez un système de chauffage vieillissant et énergivore, vous optimisez la production d'eau chaude sanitaire, et vous ajoutez de la régulation (programmation, thermostat connecté, gestion pièce par pièce selon le cas).
Cette combinaison est pertinente si votre installation est énergivore, mal réglée, ou si vous avez des consommations élevées sans opérations lourdes possibles sur l'enveloppe à court terme en raison de contraintes techniques ou réglementaires. Elle est encore plus intéressante si vous avez déjà une isolation correcte du bâtiment.
Combo 4 — Isolation + remplacement du chauffage ENR
Ici, la logique est simple : vous réduisez d'abord le besoin de chauffage (isolation performante de l'enveloppe), puis vous installez un système de chauffage utilisant des énergies renouvelables (ENR) adapté au nouveau niveau de performance énergétique du logement.
Cela évite de surdimensionner l'équipement de production de chaleur et améliore le rapport coût/gain sur le long terme. C'est une approche très "projet global", souvent choisie quand on vise un saut de performance énergétique significatif avec passage en classe A ou B du DPE.
Combo 5 — Murs + fenêtres (solution copropriété fréquente)
En appartement, surtout en copropriété, on n'a pas toujours la main sur la toiture ou certains éléments techniques collectifs. Travailler sur les murs (selon faisabilité : isolation intérieure ou extérieure) et les fenêtres permet déjà un gain notable en confort thermique, en particulier près des façades exposées aux vents dominants.
C'est un bouquet réaliste quand vous devez composer avec des contraintes de règlement de copropriété et d'aspect extérieur imposées par le syndic ou l'assemblée générale.
Cas particuliers (bailleurs, SCI, copropriété)
Certains profils demandent un peu plus d'attention, car les règles d'usage du logement, la structure juridique ou le fonctionnement de l'immeuble peuvent influencer l'éligibilité et les démarches administratives. Cette section vous aide à sécuriser votre projet d'éco‑PTZ, notamment en investissement locatif, en SCI ou en copropriété.
Propriétaire bailleur : résidence principale du locataire et contraintes d'usage
En tant que propriétaire bailleur, vous pouvez solliciter un éco‑PTZ pour financer des opérations de rénovation énergétique (isolation, chauffage, eau chaude sanitaire, fenêtres) sur un logement destiné à la location. Le point clé est l'usage : le bien doit être occupé comme résidence principale par votre locataire, ce qui doit rester cohérent avec votre stratégie locative à long terme.
Vous devez vous engager à louer votre bien immobilier comme résidence principale dans un délai de six mois après la clôture du dossier de financement.
Pensez aussi aux contraintes d'usage tant que le prêt n'est pas remboursé intégralement : selon les règles applicables, certaines transformations ou changements d'affectation peuvent être limités (par exemple basculer vers un usage professionnel/commercial ou vers certains types de locations saisonnières). Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez ces points avant de monter votre dossier et avant de signer vos devis avec les entreprises.
SCI non soumise à l'IS : conditions et limites pratiques
Une SCI non soumise à l'IS peut, dans certains cas, bénéficier de l'éco‑PTZ, à condition de respecter le cadre prévu (notamment la présence d'au moins un associé personne physique et la mise à disposition du logement dans les conditions attendues par le dispositif).
Concrètement, cela veut dire que la SCI doit pouvoir démontrer que le logement concerné entre bien dans le périmètre du dispositif (usage en résidence principale, destination du bien, et réalisation d'opérations éligibles de rénovation énergétique).
Sur le plan pratique, le point sensible est souvent le montage du dossier de financement : qui emprunte au nom de la société, qui signe les formulaires, quels justificatifs fournir sur la structure juridique, et comment répartir les opérations lorsque plusieurs lots ou plusieurs logements sont concernés.
Pour gagner du temps avec la banque, préparez un dossier "propre" : statuts de la SCI actualisés, justificatifs sur les associés, descriptif précis du logement concerné, et devis détaillés avec cohérence entre chantiers, performances thermiques et objectifs énergétiques.
Copropriété : parties privatives/communes, vote en AG et coordination des travaux
En copropriété, la première étape est d'identifier si les opérations relèvent des parties privatives (par exemple certaines menuiseries selon le règlement) ou des parties communes (façade, toiture, colonnes techniques, ventilation collective, etc.). Cette distinction est essentielle : elle détermine si vous pouvez lancer les chantiers seul en tant que copropriétaire, ou si vous devez obtenir une autorisation et/ou un vote en assemblée générale (AG) du syndicat.
Si un vote est nécessaire, anticipez le calendrier : préparation des devis par les entreprises, inscription des résolutions à l'ordre du jour de l'AG, délais incompressibles avant la tenue de l'assemblée générale, puis planification avec les entreprises retenues.
Enfin, la coordination compte autant que le financement dans ces projets collectifs : lorsque plusieurs copropriétaires engagent simultanément des opérations (fenêtres, isolation, ventilation, chauffage), l'alignement des choix techniques évite les incohérences (ponts thermiques entre lots, problèmes de condensation liés à des ventilations incompatibles, performances réelles en baisse) et facilite grandement la gestion du chantier par les entreprises.
Calendrier 2026 et évolutions réglementaires
L'année 2026 marque un tournant décisif pour l'éco-PTZ avec plusieurs modifications réglementaires qui impactent directement les propriétaires occupants et bailleurs engagés dans des projets de rénovation énergétique.
Harmonisation avec MaPrimeRénov' depuis juillet 2025
Depuis le 1er juillet 2025, les critères d'éligibilité de l'éco-PTZ ont été entièrement harmonisés avec ceux de MaPrimeRénov'. Cette harmonisation concerne deux parcours distincts : l'éco-PTZ Actions (bouquet de travaux) s'aligne désormais sur MaPrimeRénov' par Geste, tandis que l'éco-PTZ Performance énergétique globale reprend les exigences de MaPrimeRénov' Parcours accompagné. Cette convergence simplifie considérablement les démarches administratives pour les propriétaires qui souhaitent cumuler les deux dispositifs de financement.
Nouvelles exigences pour la rénovation globale
L'évolution majeure concerne le critère de performance énergétique : à partir de juillet 2025, l'ancienne exigence d'amélioration de 35% de la performance énergétique a été remplacée par l'obligation de réaliser un gain minimum de 2 classes énergétiques sur le DPE.
Cette nouvelle règle impose également la réalisation d'un audit énergétique réglementaire (et non plus une simple étude thermique) pour justifier ce saut de performance avant le dépôt du dossier. L'audit doit démontrer que le scénario de travaux proposé permettra effectivement au logement de franchir deux niveaux sur l'échelle du DPE, par exemple passer de la classe F à la classe D.
Les dossiers déposés après le 1er juillet 2025 doivent également respecter deux nouvelles contraintes techniques : prévoir au minimum deux gestes d'isolation parmi les murs, la toiture, les planchers bas ou le remplacement des fenêtres, et exclure tout système de chauffage ou de production d'eau chaude fonctionnant majoritairement aux énergies fossiles. Il devient également impossible de conserver un système de chauffage au fioul ou au charbon dans le cadre d'une rénovation globale financée par éco-PTZ.
Révolution du coefficient DPE pour l'électricité en 2026
Le 1er janvier 2026 a marqué une rupture importante dans le calcul du DPE avec l'abaissement du coefficient de conversion de l'électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Cette modification technique améliore mécaniquement la notation énergétique de tous les logements chauffés à l'électricité d'environ 17%, sans qu'aucun travaux ne soit réalisé.
Concrètement, un appartement de 50 m² consommant 9 000 kWh/an peut passer d'une étiquette F (414 kWh/m²/an) à une étiquette E (342 kWh/m²/an) par simple recalcul administratif.
Cette évolution reflète la décarbonation progressive du mix électrique français et vise à encourager l'électrification des usages thermiques, notamment via les pompes à chaleur. Pour bénéficier de ce nouveau coefficient, les propriétaires doivent obligatoirement faire réaliser un nouveau DPE à partir de 2026, car les diagnostics antérieurs restent figés sur l'ancien mode de calcul.
Échéances critiques pour les propriétaires bailleurs
Le calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques continue de se déployer progressivement. Après l'interdiction des logements G depuis le 1er janvier 2025, les logements classés F ne pourront plus être mis en location à partir du 1er janvier 2028. Cette échéance concerne uniquement les nouveaux baux ou les renouvellements de contrats existants, les baux en cours n'étant pas rétroactivement concernés.
Les logements classés E, bien qu'exemptés d'interdiction de location jusqu'au 1er janvier 2034, subissent déjà des restrictions importantes : les propriétaires bailleurs ne peuvent plus augmenter les loyers entre deux locations, lors du renouvellement du bail, ou pendant la révision annuelle.
L'année 2026 représente donc une période charnière pour anticiper ces contraintes réglementaires et planifier les travaux nécessaires, d'autant que les délais d'obtention des aides et la complexité des chantiers imposent une vision stratégique à moyen terme.
Plafonds de ressources actualisés pour 2026
Le décret n°2025-1315 publié au Journal Officiel le 26 décembre 2025 a actualisé les plafonds de ressources applicables à certains dispositifs complémentaires de l'éco-PTZ. Bien que l'éco-PTZ lui-même reste accessible sans condition de ressources, cette mise à jour concerne les ménages modestes et très modestes qui souhaitent mobiliser simultanément d'autres aides. Comme le prêt avance mutation ou certaines subventions de l'Anah. Ces plafonds sont réévalués annuellement en fonction du nombre de personnes composant le ménage et de la localisation géographique du logement.
Comparatif des aides cumulables
La rénovation énergétique d'un logement peut mobiliser plusieurs dispositifs de financement simultanément, chacun présentant des caractéristiques et des conditions d'attribution spécifiques. Ce tableau comparatif détaille les principales aides disponibles en 2026 pour optimiser le plan de financement de votre projet.
|
Dispositif |
Conditions de ressources |
Montants maximaux |
Travaux éligibles |
Modalités de cumul |
|
Éco-PTZ |
Aucune condition de ressources |
- 15 000 € pour 1 action |
- Isolation (toiture, murs, fenêtres) |
Cumulable avec MaPrimeRénov', CEE, TVA réduite et aides locales. Le montant ne peut dépasser le reste à charge après déduction de toutes les autres aides |
|
MaPrimeRénov' Parcours par geste |
Selon 4 profils de revenus : |
Selon profil et travaux : |
- Isolation thermique |
Cumulable avec éco-PTZ, CEE, TVA 5,5%, aides locales. Non cumulable avec PTZ acquisition pendant 5 ans (sauf ménages modestes depuis 2025) |
|
MaPrimeRénov' Parcours accompagné |
Tous profils de revenus |
Gain de 2 classes DPE : |
- Rénovation globale ambitieuse |
Cumulable avec éco-PTZ (jusqu'à 50 000 €), CEE, TVA 5,5%, aides locales. Plafonds de dépenses éligibles : 30 000 € ou 40 000 € HT selon gain DPE |
|
CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) |
Aucune condition, mais montants bonifiés pour ménages modestes |
Variables selon obligés et travaux. Période 6 (2026) : objectif +27% avec 280 TWh/an fléché vers ménages modestes |
- Isolation performante |
Cumulables avec éco-PTZ, MaPrimeRénov', TVA 5,5%, aides locales. Montants déduits du reste à charge pour calcul éco-PTZ |
|
TVA réduite 5,5% |
Aucune condition de ressources |
Application automatique sur facture pour tous travaux éligibles (main d'œuvre + équipements fournis-posés) |
- Isolation thermique |
Cumulable automatiquement avec tous les autres dispositifs. Appliquée directement par l'entreprise RGE sur le devis et la facture |
|
Aides locales (régions, départements, communes) |
Variables selon collectivités |
Exemples 2026 : |
Variables selon collectivités locales : isolation, chauffage, audit, assistance à maîtrise d'ouvrage |
Cumulables avec éco-PTZ, MaPrimeRénov', CEE, TVA 5,5%. Consulter l'outil ANIL pour connaître les aides de votre territoire |
|
Aides Anah propriétaires bailleurs |
Selon revenus du locataire et engagement loyer modéré |
Jusqu'à 20 000 € par logement (max. 3 logements) sur 5 ans |
- Rénovation énergétique |
Nécessite convention avec Anah, engagement location 6 ans minimum en résidence principale. Loyers plafonnés selon niveau de convention |
Source : https://www.laprimeenergie.fr/les-aides/ma-prime-renov/bareme
Points d'attention pour optimiser le cumul
Le cumul des aides obéit à une règle fondamentale : le total des financements publics (MaPrimeRénov', CEE, aides locales, réduction TVA) ne peut conduire à un reste à charge négatif. L'éco-PTZ vient financer uniquement le reste à charge après déduction de toutes les autres aides, dans la limite des plafonds réglementaires.
Pour maximiser le financement de votre projet, respectez cette chronologie : commencez par identifier votre profil MaPrimeRénov' selon vos revenus fiscaux de référence, puis demandez les devis auprès d'entreprises RGE qui évalueront également vos droits aux CEE.
Déposez ensuite simultanément votre demande MaPrimeRénov' sur le portail de l'Anah et votre demande d'éco-PTZ auprès d'une banque partenaire en fournissant la décision d'octroi MaPrimeRénov' (datée de moins de 6 mois). Les CEE sont généralement versés directement par l'entreprise sous forme de remise sur facture ou par les obligés après travaux.
Pour les propriétaires bailleurs, une stratégie spécifique existe : les aides Anah bailleurs (jusqu'à 20 000 € par logement) imposent un engagement de location en résidence principale pendant 6 ans avec loyers plafonnés, mais permettent d'améliorer significativement la rentabilité locative en éliminant les passoires thermiques.
Ces aides Anah bailleurs sont cumulables avec l'éco-PTZ et les CEE, sous réserve de respecter les contraintes de conventionnement et les plafonds de ressources des locataires.
Enfin, la TVA à 5,5% constitue un avantage automatique qui s'applique dès lors que vous passez par une entreprise pour des travaux de rénovation énergétique sur un logement de plus de 2 ans. Elle réduit mécaniquement le coût total du projet sans démarche particulière et se cumule naturellement avec tous les autres dispositifs.
FAQ : Questions fréquentes sur l’éco-PTZ
Peut-on cumuler l’éco-PTZ avec MaPrimeRénov’ et les CEE ?
Oui, l’éco-PTZ est cumulable avec MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE) dans la plupart des situations.
En pratique, on mobilise souvent d’abord les subventions/primes (MaPrimeRénov’, CEE, aides locales), puis l’éco-PTZ sert à financer le reste à charge.
Peut-on cumuler l’éco-PTZ avec un autre prêt bancaire (prêt travaux / prêt immo) ?
Oui, l’éco-PTZ peut se cumuler avec un prêt bancaire “classique” (prêt immobilier, prêt travaux), sous réserve d’acceptation par la banque et de votre capacité d’endettement.
L’éco-PTZ étant sans intérêts, il peut améliorer l’équilibre de financement, mais il ne “remplace” pas l’analyse de solvabilité.
Combien de temps ai-je pour réaliser les travaux après accord ?
Vous avez en principe 3 ans après l’émission de l’offre de prêt pour réaliser les travaux et fournir les justificatifs (factures, attestations).
C’est un point à afficher clairement dans la FAQ, car c’est une cause fréquente de blocage quand le chantier glisse (disponibilités artisans, copropriété, approvisionnements).
Combien de temps pour rembourser l’éco-PTZ ?
La durée dépend du projet et de ce que propose la banque, mais l’éco-PTZ peut aller jusqu’à 20 ans selon les cas (notamment rénovation plus ambitieuse).
Dans votre article, vous pouvez rappeler que la durée influe directement sur la mensualité, et que le prêt reste à taux zéro.
Peut-on “transférer” l’éco-PTZ à l’acheteur en cas de vente ?
Non, l’éco-PTZ n’est pas un prêt “transférable” automatiquement à un acquéreur comme un prêt “porté” par le bien.
En cas de vente, il faut généralement solder le capital restant dû (souvent via remboursement anticipé) selon les conditions prévues au contrat avec la banque.
Que se passe-t-il si les travaux ne sont pas réalisés (ou pas conformes) ?
Si les travaux ne sont pas réalisés dans les délais, ou si les justificatifs/factures ne correspondent pas aux travaux éligibles déclarés, la banque peut remettre en cause le prêt et demander des régularisations (jusqu’au remboursement anticipé).
D’où l’importance de conserver un dossier “propre” (devis détaillés, entreprises qualifiées quand exigé, factures finales cohérentes).
Quelle différence entre éco-PTZ et PTZ “classique” (achat immobilier) ?
Le PTZ “classique” concerne l’accession à la propriété (achat), avec des conditions (notamment de ressources et de situation) qui lui sont propres.
L’éco-PTZ, lui, finance des travaux de rénovation énergétique dans un logement existant, et répond à une logique de rénovation/énergie plutôt que d’acquisition.
Les travaux doivent-ils être réalisés par une entreprise RGE ?
Oui, dans la majorité des cas, le recours à une entreprise qualifiée (RGE) est requis pour que les travaux soient éligibles, avec certaines exceptions prévues par le dispositif.
Dans la FAQ, formulez-le simplement : “Sans RGE (quand c’est obligatoire), votre dossier risque d’être refusé.”
These articles may also be of interest to you
-
Le financement des parts de SCPI, à crédit ou au comptant, dépend de votre stratégie patrimoniale, de vos objectifs fiscaux et de votre tolérance au risque. Le crédit permet d'augmenter les rendements grâce à l'effet de levier, tandis que l'investissement au comptant offre simplicité et sécurité sans endettement.
-
La garantie sur prêt immobilier joue un rôle clé en déterminant l’acceptation du dossier et les conditions du prêt. Elle influence le montant emprunté et le taux d’intérêt, selon sa solidité.
-
La cession de parts sociales nécessite une vérification minutieuse des statuts et des conditions de vente pour éviter les risques. Des clauses mal rédigées ou ignorées peuvent entraîner des conflits et des pertes financières.