Achat VEFA : quelles étapes avant la remise des clés ?
Acheter en VEFA, c’est acheter un logement neuf sur plan, avant la fin du chantier. On réserve d’abord, puis on signe chez le notaire, et on règle au fil des appels de fonds jusqu’à la remise des clés.
Ce guide présente les étapes dans l’ordre, les documents à lire, les sommes à prévoir, et les points qui limitent les mauvaises surprises. Le but est de savoir quoi contrôler avant de signer, comprendre le rôle du promoteur et du notaire, puis suivre le chantier sans se compliquer la vie. On fait aussi le point sur le financement (dont le PTZ selon votre situation), la taxe foncière et la gestion de vos données personnelles si vous passez par une plateforme de mise en relation.
Comprendre la VEFA : définition et principes
La VEFA veut dire “vente en l’état futur d’achèvement”. En clair, le bien n’est pas terminé quand vous l’achetez. Vous devenez propriétaire au fil de la construction, avec des paiements étalés selon des jalons de chantier.
Dans ce type d’achat, il y a deux moments à distinguer. D’abord, la réservation. Elle sert à bloquer un lot précis (appartement, parking, cave) et à cadrer le projet. Ensuite, la signature chez le notaire. C’est là que la vente devient définitive et que le calendrier des paiements se met en place.
Trois acteurs reviennent tout le temps.
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Le promoteur conçoit le programme, commercialise les lots et pilote le chantier.
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Le notaire contrôle les pièces et formalise la vente.
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L’acheteur suit le chantier, règle les appels de fonds et prépare la livraison.
Étape 1 : choisir son programme et valider le prix de vente
Avant de signer quoi que ce soit, l’objectif est de comparer des biens comparables, et comprendre ce que vous payez.
Ce que doit contenir votre comparaison (checklist)
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Adresse et environnement : transports, commerces, bassin d’emploi, bruit, projets urbains.
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Le logement : étage, exposition, luminosité, plan (circulation, pertes de place), rangements.
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Les annexes : parking, cave, balcon, terrasse, jardin, local vélo.
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Les prestations : chauffage, isolation, volets, revêtements, cuisine fournie ou non.
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La copropriété : nombre de lots, ascenseur, parties communes, espaces extérieurs.
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Le calendrier : date prévisionnelle de livraison, marge de retard, phasage si gros programme.
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Pour l’investissement locatif : demande locative, typologie la plus recherchée, niveau de loyer réaliste, facilité de gestion.
Comprendre le prix de vente (sans se faire piéger)
Le prix ne correspond pas seulement aux mètres carrés. Il dépend aussi de l’emplacement, de l’étage, de l’orientation, des annexes et du niveau de prestations. Deux biens de même surface peuvent avoir un écart net si l’un a une terrasse, un parking et une meilleure exposition.
Étape 2 : le contrat de réservation VEFA
Le contrat de réservation sert à réserver un logement précis dans un programme neuf. On y retrouve le lot, son prix, une date prévisionnelle de signature chez le notaire, et des infos sur le projet. Il encadre les conditions avant la vente définitive, et il fixe les points de base à relire avant d’aller plus loin.
À quoi sert le contrat de réservation
Ce document fixe le cadre avant l’acte authentique. Il permet de comprendre ce que vous achetez, à quel prix, et dans quel délai, sans payer la totalité tout de suite. C’est aussi le moment où vous vérifiez que le lot réservé colle à vos besoins (plan, annexes, prestations annoncées).
À ce stade, l’objectif n’est pas de “faire confiance”, mais de lire pour repérer les zones floues. Si une info n’est pas écrite, elle sera difficile à faire valoir ensuite.
Signature du contrat de réservation et dépôt de garantie
La signature du contrat de réservation se fait en général avant le rendez-vous chez le notaire. Elle s’accompagne souvent d’un dépôt de garantie, qui matérialise la réservation.
Points à vérifier tout de suite, avant de payer quoi que ce soit :
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À qui va le dépôt et où il est conservé (idéalement sur un compte dédié, pas “sur un RIB perso”).
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Les conditions de restitution, notamment si le financement est refusé selon les conditions prévues au contrat.
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Les délais annoncés pour la suite (passage à l’acte authentique).
Clauses à lire avant de signer
Voici ce qui mérite une lecture ligne par ligne, car ce sont les causes classiques de litiges ou de déception.
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Désignation du bien : numéro de lot, étage, surfaces, annexes, plan en annexe.
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Prix : montant global, inclus, options, règles si le projet évolue.
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Notice descriptive : matériaux, équipements, niveaux de finition.
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Calendrier : date prévisionnelle de signature chez le notaire, date de livraison, marges de décalage.
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Financement : conditions liées au prêt (montant, durée, délai) et ce qui se passe si la banque refuse.
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Travaux et modifications : ce qui est possible, ce qui est facturé, jusqu’à quand vous pouvez demander des changements.
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Documents annexés : tout ce qui est promis doit apparaître quelque part, sinon partez du principe que ce n’est pas acquis.
Étape 3 : financement (PTZ) et budget global
Un achat dans le neuf se joue souvent sur le financement. Deux réflexes : chiffrer le budget total, puis cadrer le prêt avec la banque.
Chiffrer le budget total
Ne vous arrêtez pas au prix affiché. Mettez noir sur blanc les lignes qui font varier le coût final.
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Prix du bien et des annexes (parking, cave).
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Frais liés à l’achat (acte, garanties de prêt, frais de dossier selon banque).
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Travaux “après livraison” souvent oubliés : cuisine, placards, luminaires, peinture, aménagement extérieur si jardin.
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Charges prévisionnelles de copropriété (à demander) et abonnements.
Si le projet est locatif, ajoutez une marge de sécurité (vacance, remise en état, petits frais). Cela évite un plan trop tendu.
Prêt immobilier et sécurité du dossier
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Avant de signer chez le notaire, l’objectif est d’avoir un dossier prêt, avec des conditions réalistes.
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Fixez un montant, une durée, et un taux cible cohérents avec vos revenus.
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Évitez de surestimer votre capacité d’emprunt pour réserver plus grand, puis vous retrouver bloqué.
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Si vous passez par un courtier, demandez un récap clair de ce qui est déjà validé et de ce qui reste incertain.
PTZ (prêt à taux zéro) : quand le regarder
Le PTZ peut réduire le coût du crédit, mais il dépend de votre situation et du logement. Vérifiez-le tôt, au moment où vous préparez le financement, pas après la réservation. S’il est possible dans votre cas, intégrez-le dans le plan de financement dès le départ, avec une simulation cohérente.
Étape 4 : garanties, assurances et sécurité de l’achat
Dans le neuf, le risque numéro 1, ce n’est pas “le plan ne plaît plus”. C’est un chantier qui prend du retard, change, ou se bloque. Donc, avant la signature chez le notaire, il faut comprendre les garanties prévues et ce que vous pouvez exiger sur le papier.
Garantie financière d’achèvement (GFA) et garantie financière
La garantie financière d’achèvement (souvent résumée en “garantie financière”) sert à couvrir la fin des travaux si le promoteur ne peut plus aller au bout. L’idée est simple : que l’immeuble soit terminé même en cas de défaillance du promoteur.
Ce que vous devez faire, sans entrer dans le juridique compliqué
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Demander quelle garantie est prévue pour l’opération, et obtenir la preuve dans les documents transmis.
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Vérifier que cette garantie est bien liée au programme où vous achetez, pas à un autre projet.
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Garder une copie datée de chaque document remis avant la vente.
Assurance dommages-ouvrage
L’assurance dommages-ouvrage sert à faciliter la prise en charge de certains désordres après la livraison, sans attendre une décision de justice sur les responsabilités. Pour un débutant, l’idée à retenir : en cas de problème sérieux, ce mécanisme vise à accélérer la réparation, puis les recours se font ensuite entre professionnels.
À vérifier côté documents
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Que l’opération prévoit bien cette logique dans le dossier.
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Comment déclarer un sinistre, à qui, et avec quels délais.
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Quels documents conserver après la remise des clés (PV de livraison, réserves, photos).
Étape 5 : signature de l’acte authentique chez le notaire
La signature de l’acte authentique, c’est le moment où la vente devient officielle. Après ça, vous n’êtes plus dans une simple réservation.
Ce qui change entre réservation et acte de vente
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La réservation fixe un cadre. L’acte authentique, lui, formalise la vente et déclenche le fonctionnement “normal” du neuf.
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Le notaire enregistre la vente et contrôle les pièces.
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Le prix, les annexes et les documents techniques sont repris de façon plus complète.
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Les appels de fonds suivent l’avancement du chantier, selon les règles prévues.
Ce que vous devez vérifier avant de signer
Arriver au rendez-vous en mode “on verra sur place” est une mauvaise idée. Le document est long, et vous n’aurez pas le temps de tout analyser en direct.
Points à contrôler, concrètement :
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Identité précise du bien acheté, plan, annexes, surfaces, niveau, orientation.
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Prix final, options retenues, conditions de paiement.
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Date prévisionnelle de livraison et conditions en cas de retard.
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Références des garanties prévues pour l’opération.
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Liste des documents annexés, et cohérence avec ce qui a été présenté à la réservation.
Le jour de la signature de l’acte
Le notaire reprend l’acte, explique les points importants, puis vous signez. Après signature, conservez une copie des documents, au même endroit, avec une date et un nom de dossier clair. Cela sert pour le suivi du chantier, la livraison, et les échanges futurs.
À propos de “notaire offerts”
“Notaire offerts” est une formule marketing. En pratique, les frais d’acte existent toujours, mais le promoteur peut prendre en charge une partie de certains frais, selon l’offre. Le réflexe utile : demander ce qui est pris en charge, ligne par ligne, et ce qui reste à payer.
Étape 6 : paiements et avancement des travaux
Dans le neuf, vous ne payez pas tout d’un coup. Le promoteur envoie des appels de fonds au fil du chantier, et vous réglez selon l’avancement.
Comment ça se passe, concrètement
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Vous recevez un appel de fonds avec un montant et un motif lié à une étape du chantier.
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Vous vérifiez que l’étape annoncée correspond à l’état réel, puis vous déclenchez le paiement (souvent via la banque si vous avez un prêt).
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Vous classez chaque document au même endroit : appel, preuve de paiement, courrier ou mail d’accompagnement.
Les jalons de chantier à connaître
Les termes varient selon les promoteurs, mais on retrouve souvent des étapes autour de :
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Les fondations.
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L’élévation de la structure.
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La mise hors d’eau (toiture étanche).
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La mise hors d’air (menuiseries posées, bâtiment fermé).
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Les travaux intérieurs, puis la fin de chantier.
Suivre l’avancement sans se perdre
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Demandez un point écrit à chaque grande étape, même bref.
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Gardez des photos datées si des visites sont possibles.
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Posez des questions factuelles, une par une : “Étape atteinte”, “Prochaine étape”, “Délai mis à jour”.
Étape 7 : livraison, réserves et après-livraison
La livraison, c’est la remise des clés et la vérification du logement. C’est là que vous notez les défauts visibles et que vous lancez le suivi de correction.
Avant la remise des clés
Si une visite de pré-livraison est prévue, utilisez-la pour repérer les défauts simples à voir. Prenez des photos datées et notez tout ce qui ne correspond pas au plan ou à la notice descriptive. Restez factuel.
Checklist terrain, rapide
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Portes et fenêtres : ouverture, fermeture, joints, rayures.
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Sols et murs : traces, bosses, défauts de peinture, plinthes.
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Salle d’eau et cuisine : robinets, écoulement, joints, fuites visibles.
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Électricité : prises, interrupteurs, tableau, points lumineux.
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Chauffage et ventilation : mise en marche, bouches d’aération.
Le jour de la livraison : procès-verbal et réserves
Le jour J, un procès-verbal (PV) est rempli. C’est le document sur lequel vous inscrivez les réserves, donc les points à corriger. Écrivez court et précis : “rayure vitre chambre”, “porte entrée frotte”, “fuite sous évier”.
Bon réflexe
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Notez tout défaut visible, même si “ça a l’air mineur”.
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Faites confirmer par écrit les réserves notées, avec une copie.
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Gardez un dossier unique : PV, photos, échanges, planning de reprise.
Après la livraison : suivi des corrections
Une fois les réserves posées, il faut suivre leur traitement. Demandez un planning de reprise, même simple, et gardez une trace de chaque intervention. Quand une correction est faite, vérifiez et confirmez par écrit si c’est conforme, ou signalez ce qui reste à corriger.
Si le projet est locatif
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Après la remise des clés, enchaînez
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Mise en place des contrats (assurance, abonnements).
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Préparation à la location : photos, annonce, dossier locataire, état des lieux.
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Si gestion déléguée : cadrer qui fait quoi et à quel prix.
Fiscalité : taxe foncière et exonération
La taxe foncière est un impôt local dû par le propriétaire. Le montant dépend de la commune et des caractéristiques du logement, donc il faut l’intégrer dans le budget dès le départ, même si le bien est neuf.
Exonération de taxe foncière en neuf
Dans certaines communes, un logement neuf peut ouvrir droit à une exonération temporaire, souvent sur une durée limitée et sous conditions. Le bon réflexe est de vérifier l’information pour l’adresse visée, car les règles et les démarches peuvent varier, et parfois une déclaration dans un délai précis est demandée.
Comment l’intégrer dans un projet locatif
Ne basez pas votre rentabilité sur une exonération supposée. Faites le calcul avec taxe foncière pleine, puis considérez l’exonération comme un bonus si elle s’applique.
Demandez au promoteur ou au commercial ce qu’ils observent sur la commune, puis recoupez avec une source officielle (mairie ou service des impôts).
Si vous faites une simulation de loyer, gardez une marge.
Données personnelles : confidentialité et mise en relation
Sur une plateforme de mise en relation, des données personnelles circulent parfois entre plusieurs acteurs (plateforme, promoteur, courtier, banque, notaire). Le but : transmettre uniquement ce qui sert au projet, et garder une trace de ce qui a été envoyé, à qui, et quand.
Quelles données sont souvent demandées
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Coordonnées : nom, prénom, téléphone, email.
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Profil projet : budget, apport, type d’achat (résidence principale ou locatif), zone recherchée.
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Éléments financiers : revenus, charges, situation pro, parfois des justificatifs pour lancer une étude.
Bonnes pratiques concrètes
Envoyez les pièces sensibles seulement quand il y a une raison claire (exemple : étude bancaire, dossier notaire), pas “pour voir”.
Centralisez vos envois dans un seul dossier (PDF nommés et datés), pour éviter les doublons.
Demandez des réponses claires sur trois points : qui reçoit vos documents, combien de temps ils sont gardés, comment demander leur suppression.
Confidentialité : ce qu’il faut obtenir noir sur blanc
Une politique de confidentialité lisible, avec les destinataires possibles des données.
Un canal d’envoi sécurisé pour les justificatifs.
Un contact pour exercer vos droits (accès, rectification, suppression).
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