Quand vendre ses parts de SCPI et à quel délai s’attendre ?

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  • Article written by Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Publié le mercredi 17 décembre 2025
Summary
Avant de vendre : type de SCPI et mode de détention
Revente : qui achète, où se fait l’échange, quel marché ?
Titres détenus en direct, via assurance vie, ou en nue-propriété
Les étapes pour vendre (processus)
Prix et frais : comment se forme le “net reçu” ?
Délais : combien de temps pour sortir ?
Cas particuliers : assurance vie, SCPI fiscales, nue-propriété
Placement SCPI : diversification en Europe et montant minimum
Stratégies avant d’envoyer une demande : arbitrer, optimiser, éviter les erreurs
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Pour vendre des parts SCPI, commencez par vérifier comment vous détenez vos titres et comment l’organisme gère les sorties. Selon le cas, vous passez par la société de gestion, par un système d’ordres entre associés, ou par votre contrat d’assurance vie.

Dans cet article, vous allez voir la marche à suivre, la logique de prix, les frais possibles, et des délais réalistes. On aborde aussi l’assurance vie, la nue-propriété et quelques points fiscaux.

L’objectif est de savoir qui contacter, quoi préparer, et quoi contrôler avant de valider.

Avant de vendre : type de SCPI et mode de détention

Avant toute opération, faites deux vérifications. D’abord le type de véhicule, ensuite la façon dont vous détenez la position. Ces deux points déterminent la procédure, l’attente possible, et la formation du prix.

SCPI : capital variable ou capital fixe

En capital variable, le gestionnaire traite les souscriptions et les demandes de retrait. Vous déposez votre demande auprès de lui. La sortie dépend de l’équilibre entre retraits et entrées. Si la collecte ralentit, l’attente peut s’allonger.

Astuce simple : notez dès maintenant le nom exact du support, le nombre de titres, et le mode de détention. Ce sont les trois infos qui évitent 80% des échanges inutiles au démarrage.

Revente : qui achète, où se fait l’échange, quel marché ?

Vous ne sortez pas “en un clic”. Selon le type de véhicule, la sortie se fait soit via la société de gestion (demande de retrait), soit via un marché d’échange entre associés (carnet d’ordres).

Le rôle de la société de gestion dans la vente

Le gestionnaire tient le registre des associés et encadre l’opération. Il vérifie les pièces, enregistre l’ordre ou la demande, puis valide le transfert une fois l’échange réalisé.

Marché secondaire : principe, intérêt, limites

En capital fixe, l’échange passe par un carnet d’ordres. Il faut un acheteur en face, donc le délai dépend de la demande, et une opération peut se faire en plusieurs fois.

Capital variable : demande de retrait et “création” de parts

En capital variable, la sortie passe par une demande de retrait. Elle se traite quand il y a assez de souscriptions en face, sinon une file d’attente se forme.
“Émettre de nouvelles parts” concerne la collecte, pas une sortie automatique.
Point à garder : variable ne veut pas dire immédiat, fixe ne veut pas dire bloqué. Dans les deux cas, tout dépend du marché.

Titres détenus en direct, via assurance vie, ou en nue-propriété

En direct, vous suivez la procédure du gestionnaire ou du carnet d’ordres, selon le type.
En assurance vie, la sortie passe par le contrat, via arbitrage ou rachat, avec les délais de l’assureur.
En nue-propriété, la vente se traite au cas par cas, car vous cédez un droit démembré.

Pour vendre des parts SCPI il faut vérifier votre situation, préparer les infos, déposer la demande, puis suivre jusqu’au paiement.

Les étapes pour vendre (processus)

On passe au concret. Le bon ordre : vérifier votre situation, préparer les infos, déposer la demande, puis suivre jusqu’au paiement.

Étape 1 — Préparer : repères de prix et informations

Avant d’agir, regardez deux éléments : le prix affiché à l’achat et le montant de sortie applicable. Ce n’est pas la même chose, et c’est une confusion fréquente.

Ensuite, préparez :

  • Nom du support et quantité de titres à céder

  • Mode de détention (direct, assurance vie, nue-propriété)

  • Date d’acquisition et prix d’achat (utile pour la fiscalité)

  • Coordonnées et RIB

Si vous passez par un intermédiaire, il demandera les mêmes pièces. En direct, le gestionnaire fournit en général un formulaire.
Ajout utile : si vous avez acheté à plusieurs moments, faites un mini récapitulatif (dates + quantités). Ça aide pour la fiscalité et pour expliquer votre demande.

Étape 2 — Déposer la demande auprès du gestionnaire

En capital variable, vous déposez une demande de retrait.
En capital fixe, vous passez un ordre sur le carnet d’ordres.
Dans les deux cas, la société de gestion enregistre et traite la demande.

Soyez clair : vente totale ou partielle. Gardez aussi une copie de chaque document envoyé. Cela évite les allers-retours.
Ajout utile : demandez un accusé de réception ou une confirmation écrite. Même un mail court suffit.

Étape 3 — Suivre l’exécution : attente, confrontation, ou service partiel

Après dépôt, tout dépend de la demande en face.
Sur le carnet d’ordres, l’ordre passe s’il y a des acheteurs au prix visé, selon les règles prévues. Sinon, l’ordre attend et peut être servi en plusieurs fois.
En capital variable, la demande se traite s’il y a assez de souscriptions en face. Sinon, elle entre en file d’attente.

Ajout utile : fixez un point de suivi.

Exemple : “je fais le point tous les 15 jours” au lieu de relancer tous les deux jours.

Étape 4 — Paiement : quand l’argent arrive

Une fois l’opération finalisée, vous recevez le montant net, après frais et traitement administratif. Le virement ne tombe pas le jour même.
En assurance vie, l’argent ne va pas directement sur votre compte tant que vous ne faites pas un rachat. Vous récupérez les fonds via le contrat, selon les délais de l’assureur.

Prix et frais : comment se forme le “net reçu” ?

Quand on veut vendre, il faut raisonner en “prix de sortie” et en “net reçu”. Le prix affiché à l’achat sert de repère, mais ce n’est pas forcément celui auquel vous sortez. Le mécanisme dépend du type de capital.

Prix : repères à comparer

En capital variable, le repère central est la valeur de retrait. C’est le montant lié au prix de souscription, diminué des frais de souscription. Cela explique l’écart possible entre le prix affiché et le montant récupéré.
En capital fixe, l’échange passe par le carnet d’ordres : vendeurs et acheteurs déposent des ordres, puis une confrontation détermine un prix d’exécution, selon l’offre et la demande.

Réflexe simple : demandez le prix de sortie applicable et confirmez le type de capital.

Frais : ce qui réduit le montant net

Les frais ne s’appliquent pas tous au même moment.
En capital variable, la valeur de retrait correspond déjà au prix de souscription diminué des frais de souscription, ce qui explique l’écart entre achat et sortie.
En capital fixe, le prix dépend du carnet d’ordres, puis des frais éventuels liés au traitement, selon les règles prévues.
Si vos titres sont dans une assurance vie, ajoutez une étape : vous sortez via le rachat ou l’arbitrage du contrat, avec ses frais et ses délais.

Quand on veut vendre des parts scpi, il faut raisonner en “prix de sortie” et en “net reçu”

Délais : combien de temps pour sortir ?

Il n’y a pas un délai unique. Le temps dépend du type de capital, de l’équilibre entre vendeurs et acheteurs et du mode de détention. Sur le papier, la demande se fait quand vous voulez. Dans la réalité, l’exécution suit le marché.

Ce qui accélère ou ralentit

En capital fixe, la sortie passe par un carnet d’ordres et des confrontations à dates prévues. Si un acheteur est présent au bon prix, l’opération se fait à la confrontation. Sinon, l’ordre reste en attente jusqu’à la suivante.
En capital variable, vous envoyez une demande de retrait. Elle se traite quand il y a assez de souscriptions en face, selon les règles prévues. Quand la collecte baisse, la file d’attente grossit et le délai s’allonge.
En assurance vie, le délai se lit en deux couches : la mécanique du support, puis le temps de traitement du contrat (rachat ou arbitrage).

Ce qu’il faut regarder avant d’agir

Deux réflexes simples.
Demander la situation actuelle, pas une moyenne.
Prévoir du temps, car certaines périodes deviennent tendues avec des demandes en attente.
Si vous devez vendre vite, posez la question cash : “À ce jour, sur ce support, on parle de semaines ou de mois ?”.

Cas particuliers : assurance vie, SCPI fiscales, nue-propriété

Beaucoup se trompent en appliquant la procédure “en direct” alors que les titres sont logés dans un contrat, ou démembrés. Résultat : perte de temps, et parfois mauvaise décision.

En assurance vie : sortie via le contrat

Si vos titres sont dans un contrat, la sortie se fait via l’assureur, en arbitrage (changer de support) ou en rachat (retirer de l’argent).

SCPI fiscales : sortir trop tôt peut coûter cher

Les SCPI fiscales visent un avantage fiscal lié à une durée de détention. Si vous sortez avant la fin prévue, l’avantage peut être remis en cause selon le dispositif et votre situation.
Avant d’agir : identifiez le dispositif, vérifiez la durée restante, puis demandez une simulation de l’impact.

Nue-propriété : vente possible, mais plus technique

En nue-propriété, vous cédez un droit séparé de l’usufruit. Le prix dépend surtout de la durée restante et du profil de l’acheteur.
À la fin du démembrement, la pleine propriété se reconstitue automatiquement au profit du nu-propriétaire, selon les règles du montage.

Placement SCPI : diversification en Europe et montant minimum

Investir en SCPI peut servir à diversifier un patrimoine via un placement immobilier “papier”, avec une gestion déléguée et une mutualisation sur plusieurs actifs.​
Certaines SCPI investissent aussi en Europe (zone euro et parfois au-delà), ce qui ajoute une diversification géographique au sein d’un portefeuille.​
Le point d’attention reste l’accessibilité (ticket d’entrée) et l’adéquation avec l’objectif (revenus, diversification, horizon), car le montant minimum varie selon les SCPI.​

Pourquoi regarder l’Europe ?

  • Diversifier géographiquement : répartir une partie du patrimoine sur plusieurs pays européens limite la dépendance à un seul marché immobilier.​

  • Diversifier les locataires et secteurs : une allocation plus large peut contribuer à lisser certains risques (vacance, cycles).​

  • Fiscalité et net perçu : selon les pays d’investissement et ta situation, l’imposition peut différer ; à vérifier au cas par cas avant d’investir.​

Placement et logique patrimoniale

  • Objectif “revenus” : la performance provient des loyers et dépend du montant investi et du taux de distribution.​

  • Objectif “patrimoine” : la cohérence se juge surtout à l’échelle de l’allocation globale (immobilier, liquidités, autres placements), pas sur un seul support.​

  • Point de vigilance : ce placement n’a pas la liquidité d’un livret, donc l’horizon et le besoin de cash doivent être clarifiés avant d’entrer.​

Montant minimum : à quoi s’attendre ?

Le minimum de souscription correspond souvent à l’achat de plusieurs parts (par exemple 5 parts), ce qui fixe un ticket d’entrée.​
Le prix d’une part se situe souvent dans une large fourchette (ex. autour de 150 à 1 000 € selon les SCPI), et certaines sont accessibles dès environ 200–300 € la part, mais le minimum réel dépend aussi du nombre de parts exigé à la première souscription.​
En pratique, le montant minimum varie selon les sociétés de gestion et les SCPI : il faut donc vérifier la condition d’entrée sur la documentation du support visé.​

Investir en SCPI peut servir à diversifier un patrimoine via un placement immobilier “papier”

Stratégies avant d’envoyer une demande : arbitrer, optimiser, éviter les erreurs

Avant d’envoyer une demande, fixez l’objectif : cash, rééquilibrage, ou changement de support. Cela évite une décision prise “au feeling”.

Clarifier l’objectif : cash, rééquilibrage, changement de SCPI

Si vous cherchez du cash, une vente partielle peut suffire.

Si vous voulez rééquilibrer, comparez votre allocation actuelle avec ce que vous visez (diversification, secteurs, horizon).

Si la motivation est un rendement en baisse, ne vous limitez pas au taux de distribution : il ne dit pas tout sur la liquidité ni sur le risque.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre prix d’achat et prix de sortie.

  • Oublier que fixe et variable ne suivent pas la même mécanique.

  • Oublier l’assurance vie : la sortie passe par l’assureur, pas par une vente “en direct”.

  • Agir sans demander l’état des ordres ou des demandes en attente.

Source : https://www.corum.fr/guide-scpi/arbitrer-ses-parts-scpi

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