Imposition SCI IS : fonctionnement et obligations fiscales des sociétés en 2026

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  • Article rédigé par Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Temps de lecture 10 minutes Mis à jour le jeudi 21 mai 2026
Summary
SCI à l'IS : tout savoir sur les obligations comptables en 2026
Fiscalité d'une SCI IS : les différents taux d'imposition selon les revenus
Imposition d'une SCI à l'IS : comment calculer les bénéfices imposables ?
Imposition des SCI à l'IS : le traitement des valeurs foncières et immobilières
Imposition SCI IS : un régime puissant pour les investisseurs éclairés
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L'imposition SCI IS est l'un des leviers les plus puissants et les plus méconnus à la disposition de l'investisseur immobilier qui pense à long terme. Choisir d'assujettir sa société civile immobilière à l'impôt sur les sociétés plutôt qu'à l'impôt sur le revenu peut transformer radicalement la rentabilité nette d'un patrimoine locatif, réduire l'imposition annuelle à presque zéro grâce aux amortissements, et libérer des flux de trésorerie que l'IR aurait purement absorbés.

Pourtant, ce régime fiscal exige une parfaite maîtrise de ses mécanismes, de ses obligations comptables et de ses impacts sur la revente. En 2026, les règles applicables restent celles définies par le Code général des impôts, avec un taux d'IS à 25 % (et 15 % pour les PME éligibles sur les premiers 42 500 € de gains), dans un contexte de marché locatif où les rendements oscillent entre 5 % et 10 % selon les villes et les stratégies. C'est précisément dans cette fourchette que le choix du régime fiscal fait toute la différence.

SCI à l'IS : tout savoir sur les obligations comptables en 2026

Avant d'aborder les taux et les calculs, il est essentiel de comprendre la nature même de la SCI IS : ce qu'elle est, ce qu'elle implique au quotidien, et pourquoi elle change fondamentalement la façon dont vous gérez votre patrimoine immobilier. C'est par cette base solide que commence toute optimisation fiscale réussie.

Qu'est-ce qu'une SCI soumise à l'IS ?

La société civile immobilière (SCI) est, par défaut, transparente fiscalement. Dans ce régime à l'impôt sur le revenu (IR), chaque associé est imposé directement sur sa quote-part des profits de la société, selon son propre taux marginal d'imposition. Les revenus locatifs remontent dans la déclaration personnelle de chaque associé, comme s'ils les avaient perçus directement.

Mais la loi offre une alternative structurante : opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Conformément à l'article 206-3 du Code général des impôts (CGI), toute SCI peut exercer cette option auprès de l'administration fiscale. La société devient alors une entité fiscale à part entière : elle déclare ses propres profits, paie son propre impôt, et les associés ne sont imposés que sur les dividendes effectivement distribués et non plus sur les profits générés.

Un point crucial : cette option est irrévocable passé un délai de cinq exercices (article 239 du CGI). Passé ce cap, impossible de revenir à l'IR sans dissolution de la société. C'est dire l'importance d'une analyse rigoureuse avant de franchir le pas.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

L'erreur classique, c'est d'opter pour l'IS sans avoir modélisé l'impact sur la plus-value de revente. Après plus de 4 000 opérations accompagnées depuis 2012, j'ai vu trop d'investisseurs découvrir au moment de vendre que leur SCI IS avait effacé tous les abattements pour durée de détention. L'IS est puissant à l'entrée, mais il faut anticiper la sortie dès le premier jour.

L'option IS est particulièrement pertinente pour les investisseurs qui réinvestissent leurs profits plutôt que de les distribuer, qui se trouvent dans une tranche marginale d'IR élevée (30 %, 41 % ou 45 %), ou qui cherchent à maximiser la déductibilité de leurs charges pour générer des rendements nets compétitifs.

Vous hésitez entre IS et IR pour votre SCI ? Nos conseillers peuvent vous accompagner dans une simulation fiscale personnalisée adaptée à votre projet.

Les obligations comptables d'une SCI IS en 2026

Contrairement à la SCI à l'IR, qui peut se contenter d'une comptabilité de trésorerie simplifiée, la SCI à l'IS est soumise aux mêmes obligations comptables qu'une société commerciale.

 

Ces obligations, encadrées par les articles 53 A et suivants du CGI et par le Plan Comptable Général (PCG), sont les suivantes :

  • Tenir une comptabilité d'engagement (enregistrement des produits et charges à leur date de réalisation, et non à leur date de paiement)
  • Établir des comptes annuels complets : bilan, compte de résultat, annexe
  • Déposer une liasse fiscale chaque année (formulaires 2065-SD et annexes auprès du Service des Impôts des Entreprises)
  • Appliquer les règles d'amortissement du Plan Comptable Général par composants
  • Conserver les documents comptables pendant dix ans (article L123-22 du Code de commerce)

Ces obligations ne sont pas de simples formalités administratives. Elles constituent le socle sur lequel repose toute optimisation fiscale : c'est par la comptabilité que vous matérialisez vos amortissements, vos déficits reportables et vos charges déductibles. Un expert-comptable spécialisé en immobilier n'est pas un luxe, c'est un projet rentable.

SCI IS vs SCI IR : quel régime choisir selon son profil ?

Le choix entre IS et IR ne se réduit pas à comparer deux taux. Il dépend de votre stratégie patrimoniale globale, de votre tranche d'imposition personnelle et de vos projets de revente. Le tableau suivant synthétise les principales différences.

Criteria

SCI à l'IR

SCI à l'IS

Imposition des revenus locatifs

Quote-part au barème IR (jusqu'à 45 %)

Taux IS : 15 % ou 25 %

Amortissement du bien

Non autorisé

Oui, réduit le résultat imposable

Plus-value à la revente

Régime particuliers (abattement détention)

Régime professionnel (pas d'abattement)

Obligations comptables

Simplifiées

Complètes (liasse fiscale 2065)

Distribution des bénéfices

Directe aux associés

Soumise à flat tax 30 % sur dividendes

Irrévocabilité de l'option

Non

Oui, après 5 exercices

Déficit foncier

Imputable sur revenu global (10 700 €/an)

Reportable indéfiniment sur bénéfices futurs

Ce tableau illustre pourquoi la SCI IS est souvent privilégiée par les investisseurs qui construisent sur le long terme, qui réinvestissent leurs cash-flows, et qui n'envisagent pas de revente avant 15 à 20 ans. À l'inverse, si la sortie est prévue à moyen terme, le régime IR conserve l'avantage via les abattements pour période de détention sur la plus-value immobilière.

Fiscalité d'une SCI IS : les différents taux d'imposition selon les revenus

Comprendre les taux d'imposition applicables à votre SCI IS est fondamental avant même d'acquérir le premier bien. Le barème de l'impôt sur les sociétés est structurellement plus simple que celui de l'IR, mais il ne faut pas négliger l'imposition des associés lors de la distribution des profits, ni l'interaction avec le régime de la flat tax.

Le barème IS 2026 : taux normal et taux réduit PME

En 2026, le taux d'imposition à l'IS applicable aux sociétés françaises est défini par l'article 219 du CGI.

Un calendrier, des lunettes, un ordinateur et des formulaires fiscaux illustrent la planification et la gestion de l'imposition SCI IS, avec des échéances clés

Deux taux coexistent, stables depuis la réforme de 2022 :

Taux réduit à 15 %, applicable sur les premiers 42 500 € de profits imposables, sous réserve que la société remplisse cumulativement trois conditions :

  • Chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros
  • Capital social entièrement libéré
  • Capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques

Taux normal à 25 %, applicable à la totalité des profits pour les sociétés non éligibles au taux réduit, et à la fraction excédant 42 500 € pour les PME éligibles.

Tranche de bénéfices

Conditions d'éligibilité

Taux IS 2026

De 0 € à 42 500 €

PME : CA < 10 M€, capital libéré, 75 % pers. physiques

15 %

Au-delà de 42 500 €

Mêmes conditions PME

25 %

Totalité des bénéfices

Sociétés non éligibles taux réduit

25 %

Sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, le gain fiscal du taux réduit par rapport au taux normal est de 4 250 € (10 % × 42 500 €). Pour une SCI détenant un ou deux biens locatifs, ce qui est le cas de la majorité des investisseurs particuliers, cette économie est particulièrement significative.

L'imposition des associés : flat tax et option barème IR

La taxation d'une SCI à l'IS ne s'arrête pas à l'impôt payé par la société. Lorsque les profits nets après IS sont distribués aux associés sous forme de dividendes, ces derniers sont soumis à une seconde imposition. Depuis le 1er janvier 2018 (article 200 A du CGI, maintenu en 2026), le régime applicable est le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax, au taux global de 30 %, comprenant :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS)

Les associés peuvent toutefois opter pour l'imposition de leurs dividendes au barème progressif de l'IR si leur taux marginal réel est inférieur à 12,8 %. Cette option se décide chaque année au moment de la déclaration de revenus et est globale pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers.

 

La règle d'or : ne distribuez pas systématiquement les profits. Chaque euro laissé en réserve dans la société peut financer un nouveau bien, absorber des travaux ou renforcer la capacité d'emprunt de la SCI. C'est le principe des intérêts composés appliqué à l'immobilier locatif.

Simulation IS vs IR : pour un rendement locatif de 6 %

Prenons un exemple concret et chiffré. Vous détenez via votre SCI un appartement acheté 220 000 €, loué 1 100 €/mois, soit 13 200 € de loyers annuels bruts, un rendement brut de 6 %, parfaitement dans la fourchette observée de 5 à 10 % sur le marché locatif français en 2026.

Après déduction des charges réelles (taxe foncière, assurance PNO, frais de gestion, charges de copropriété non récupérables, intérêts d'emprunt), le résultat net avant amortissement est estimé à 5 500 €.

Éléments comparés

SCI à l’IR (TMI 30 %)

SCI at IS

Revenus locatifs

5 500 €

5 500 €

Amortissement déductible

Non

4 000 €

Résultat imposable

5 500 €

1 500 €

Imposition appliquée

30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux

15 % d’IS

Montant total de l’impôt

2 596 €

225 €

Conclusion

Fiscalité plus lourde

Fiscalité fortement réduite grâce à l’amortissement

L'écart est de 2 371 € d'impôt économisé annuellement. Sur 10 ans, cela représente plus de 23 000 € disponibles pour réinvestir — avant même de tenir compte de l'effet levier de ce capital supplémentaire. Ce chiffre concret illustre pourquoi la SCI IS s'impose comme une évidence pour les investisseurs à long terme.

Découvrez nos simulateurs d'investissement locatif pour modéliser votre propre situation fiscale en quelques clics.

Imposition d'une SCI à l'IS : comment calculer les bénéfices imposables ?

Le calcul du résultat fiscal d'une SCI IS est l'un des points les plus techniques et les plus stratégiques de la gestion de votre société. C'est ici que se joue concrètement l'optimisation : entre les charges déductibles, les amortissements et le traitement des déficits, les marges de manœuvre sont considérables à condition de les maîtriser.

Les charges déductibles du résultat imposable

La liste des charges déductibles pour une SCI à l'IS est encadrée par les articles 39 et suivants du CGI. Elle est sensiblement plus large que celle applicable aux revenus fonciers en régime IR. Sont déductibles du résultat imposable :

  • Les intérêts d'emprunt (dans les limites de l'article 212 du CGI pour les sociétés liées)
  • Les frais d'acquisition (honoraires de notaire, frais d'agence), déductibles immédiatement ou inscrits à l'actif et amortis
  • Les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration
  • La taxe foncière
  • Les assurances (PNO, garantie loyers impayés, multirisque)
  • Les frais de comptabilité et honoraires d'expert-comptable
  • Les charges de copropriété non récupérables sur le locataire
  • La rémunération du gérant (si statutairement prévue et proportionnée)
  • Les frais de déplacement et de gestion liés à l'activité locative

 

Cette déductibilité étendue constitue l'un des premiers arguments des conseillers en gestion de patrimoine en faveur de la SCI IS. Elle permet de réduire la base imposable bien en dessous du revenu locatif brut, et parfois jusqu'à l'annuler complètement lorsqu'on y ajoute les amortissements.

L'amortissement par composants : le cœur du mécanisme IS

L'amortissement est sans conteste l'outil le plus puissant et le plus différenciant de la SCI à l'IS. Il permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien immobilier, réduisant mécaniquement le résultat imposable sans aucune sortie de trésorerie.

impot-sci-is : Un calendrier d'avril, un smartphone avec calculatrice, et un symbole de pourcentage évoquent la préparation fiscale et l'imposition SCI IS pour une gestion optimisée

Les règles essentielles à maîtriser :

  • Le terrain n'est jamais amortissable, seule la construction l'est. Il représente généralement 15 à 25 % de la valeur totale en zone urbaine.
  • La durée d'amortissement standard varie de 20 à 40 ans selon la nature des biens.
  • Les composants (toiture, installation électrique, façade, plomberie...) sont amortis séparément selon leur durée de vie propre (méthode dite « par composants », obligatoire depuis le règlement CRC 2002-10).
  • L'amortissement est linéaire (méthode standard pour l'immobilier) et non dégressif.

Le tableau ci-dessous illustre un plan d'amortissement réaliste pour un bien acquis à 300 000 € (terrain compris) :

Composant

Valeur retenue

Durée

Annual depreciation

Terrain

60 000 €

Non amortissable

0 €

Gros œuvre / structure

120 000 €

80 years old

1 500 €

Façade / étanchéité

30 000 €

30 ans

1 000 €

Installations électriques & plomberie

30 000 €

20 ans

1 500 €

Agencements intérieurs

30 000 €

15 years old

2 000 €

Roofing

30 000 €

25 years old

1 200 €

Total amortissement annuel

240 000 €

-

7 200 €

Sur cet exemple, 7 200 € d'amortissement annuel viennent s'imputer sur le résultat. Pour un bien générant 10 000 € de revenus locatifs nets de charges, l'amortissement réduit la base imposable à 2 800 €, soit seulement 420 € d'IS au taux de 15 %. Une efficacité fiscale remarquable.

Le report déficitaire : un avantage méconnu mais décisif

Lorsque les charges et amortissements dépassent les revenus locatifs, la SCI IS génère un déficit fiscal. Contrairement à la SCI IR (où le déficit foncier est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an), le déficit d'une SCI IS est reportable indéfiniment sur les profits futurs en vertu de l'article 209 du CGI.

C'est un avantage décisif pour les investisseurs qui engagent d'importants travaux de rénovation les premières années. Le déficit créé en année 1 ou 2 viendra automatiquement minorer les profits des années suivantes, sans aucune limite de temps ni de montant.

Les principales règles du report déficitaire en SCI IS :

  • Report en avant illimité pour les déficits générés par les amortissements
  • Report en arrière (carry back) possible sur l'exercice précédent, dans la limite de 1 million d'euros, pour obtenir un remboursement immédiat d'IS
  • Les déficits ordinaires (hors amortissements) sont reportables sur 5 ans dans la limite de 1 million d'euros par an (règle du plafonnement des déficits reportables)

 

Nos experts calculent et optimisent le résultat imposable de votre SCI IS dès la première année. Prenez rendez-vous pour une consultation personnalisée.

Imposition des SCI à l'IS : le traitement des valeurs foncières et immobilières

Le traitement fiscal des plus-values est souvent la partie qui fait hésiter les investisseurs avant d'opter pour l'IS. C'est là que le régime montre son revers : là où l'IR offre aux particuliers des abattements progressifs pouvant conduire à une exonération totale après 22 ans, la SCI IS ne connaît aucune clémence sur la période de détention.

Plus-value professionnelle : le calcul applicable à la SCI IS

Lorsqu'une SCI à l'IS cède un bien immobilier, la plus-value réalisée est taxée selon le régime des plus-values professionnelles, et non selon celui des particuliers. La formule de calcul est la suivante :

Plus-value imposable = Prix de vente − Valeur Nette Comptable (VNC)

La VNC correspond au prix d'acquisition initial diminué de l'ensemble des amortissements cumulés depuis l'entrée du bien dans le patrimoine de la société. C'est là que se révèle le revers de la médaille : plus les amortissements ont été importants sur la durée, plus la VNC est faible, et donc plus la plus-value imposable est élevée à la revente.

Exemple chiffré :

  • Bien acquis 200 000 € (dont 160 000 € de construction amortissable + 40 000 € de terrain)
  • Amortissements cumulés sur 20 ans : 80 000 € (hypothèse : 4 000 €/an)
  • VNC au moment de la vente : 160 000 − 80 000 = 80 000 € + 40 000 € (terrain) = 120 000 €
  • Prix de vente : 280 000 €
  • Plus-value imposable : 280 000 − 120 000 = 160 000 €
  • IS sur la plus-value (taux 25 %) : 40 000 €

À titre de comparaison, si ce même bien avait été détenu en SCI IR pendant 22 ans, la plus-value brute de 80 000 € (280 000 − 200 000) aurait bénéficié d'un abattement total au titre de la période de détention et aurait été entièrement exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux (conformément à l'article 150 U du CGI et au tableau d'abattement applicable aux plus-values immobilières des particuliers).

La conclusion s'impose d'elle-même : le régime IS est avantageux à l'exploitation, défavorable à la revente. C'est pourquoi il s'adresse en priorité aux investisseurs patrimoins qui construisent sur 20 à 30 ans, et non à ceux qui cherchent à optimiser une opération de court ou moyen terme.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

La question de la plus-value à la revente est souvent le seul frein à l'IS. Mais il faut mettre en face le gain fiscal cumulé sur 20 ans grâce aux amortissements. Dans la grande majorité des cas que j'ai analysés, la SCI IS reste gagnante sur l'ensemble de la période de détention, à condition de ne pas revendre avant 15 ans. L'horizon d'investissement, c'est la variable clé.

Abattements et exonérations : ce que prévoit le CGI en 2026

Contrairement au régime des particuliers, il n'existe aucun abattement pour période de détention sur les plus-values réalisées par une SCI à l'IS. La plus-value professionnelle est intégralement soumise à l'IS, quelle que soit la période de détention du bien.

Deux personnes signent un contrat immobilier avec un modèle de maison sur la table, illustrant l’achat d’un appartement sécurisé.

Quelques dispositifs d'atténuation existent néanmoins :

  • Report de plus-value en cas de restructuration : l'article 210 A du CGI permet de reporter la taxation en cas de fusion ou d'apport-cession entre sociétés
  • Exonération partielle pour les cessions à des organismes de logement social (article 210 E du CGI, entré en vigueur en 2006 et prorogé en 2026)
  • Régime de groupe fiscal (intégration fiscale) permettant de compenser les plus-values avec des déficits d'autres entités du groupe

Pour l'investisseur particulier en SCI IS, ces dispositifs restent largement inaccessibles ou inadaptés. La règle reste donc simple et implacable : anticiper les conditions de sortie avant d'entrer dans le régime IS.

Cession de parts de SCI IS : quel régime fiscal ?

La détention d'un bien immobilier via une SCI IS peut également donner lieu à une sortie indirecte : la cession des parts de la société plutôt que du bien lui-même. Dans ce cas, c'est le régime des plus-values de cession de valeurs mobilières qui s'applique (article 150-0 A du CGI), et non le régime des plus-values immobilières.

La valeur des parts est déterminée par l'actif net de la société (actif au bilan − passif). La plus-value de cession est soumise à la flat tax à 30 % par défaut (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), ou au barème progressif de l'IR sur option pour les parts acquises avant le 1er janvier 2018 (avec application des abattements pour période de détention sur valeurs mobilières prévus à l'article 150-0 D du CGI).

Les points essentiels à retenir sur la cession de parts :

  • La cession de parts de SCI IS ne bénéficie pas des abattements pour période de détention des plus-values immobilières des particuliers
  • La valeur des parts peut être inférieure à la valeur vénale des biens détenus (décote de liquidité, passif de la société), ce qui peut être un avantage de négociation pour le cédant
  • Les droits d'enregistrement sur la cession de parts de SCI sont de 5 % (article 726 du CGI), contre 7,5 à 8 % pour une vente immobilière classique, un avantage pour l'acquéreur

SCI IS et IFI : un impact patrimonial à ne pas négliger

La SCI IS n'est pas transparente pour l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Les parts de SCI IS entrent bien dans l'assiette de l'IFI de l'associé, à hauteur de la valeur représentative des actifs immobiliers détenus par la société, après déduction des dettes afférentes à ces actifs (article 973 du CGI, applicable depuis la création de l'IFI le 1er janvier 2018).

Ce point est souvent oublié dans les analyses fiscales comparées IS/IR, mais il peut peser lourd pour les investisseurs dont le patrimoine net imposable dépasse 1 300 000 €. Une simulation IFI doit donc être systématiquement intégrée dans tout projet de structuration patrimoniale via SCI IS.

Imposition SCI IS : un régime puissant pour les investisseurs éclairés

L'imposition à l'IS représente le régime le plus adapté à une stratégie patrimoniale ambitieuse et de long terme. La possibilité d'amortir les biens, de déduire un large éventail de charges, de reporter les déficits indéfiniment et de bénéficier d'un taux d'IS compétitif en fait un outil remarquable pour maximiser le cash-flow net d'une société immobilière et accélérer la constitution d'un patrimoine.

Mais la SCI IS n'est pas une solution universelle. Elle impose une rigueur comptable irréprochable, une vision à long terme et surtout une anticipation soignée des conditions de sortie. La question des plus-values professionnelles, l'absence totale d'abattement pour période de détention, et l'imposition des dividendes à la flat tax de 30 % sont autant de paramètres qui peuvent nuancer l'attractivité du dispositif selon les profils et les horizons d'investissement.

FAQ

La SCI IS peut-elle récupérer la TVA sur les travaux ?

Oui, sous conditions. Une SCI à l'IS peut être assujettie à la TVA si elle réalise des opérations taxables : locations meublées professionnelles, locations de locaux commerciaux avec option à la TVA, ou locations de parkings. Dans ce cas, elle peut déduire la TVA supportée sur les travaux, les achats de matériaux et les honoraires. Cette option à la TVA est formalisée auprès du Service des Impôts des Entreprises. Elle est particulièrement intéressante lors d'une rénovation lourde, mais implique en contrepartie de facturer la TVA sur les loyers.

SARL de famille vs SCI IS : quelle est la vraie différence ?

La SARL de famille est une société commerciale qui peut opter pour l'IR tout en permettant la location meublée (relevant des BIC). Elle offre le régime LMNP ou LMP avec amortissements, tout en maintenant les abattements pour durée de détention sur les plus-values immobilières des particuliers, sous certaines conditions. La SCI IS, elle, est une société civile soumise à l'IS et n'est pas compatible avec la location meublée (qui constituerait une activité commerciale incompatible avec l'objet civil). Le choix entre les deux structures dépend donc principalement du type de location envisagé : nue (SCI IS) ou meublée (SARL de famille ou SCI IS avec risque de requalification).

Peut-on transformer une SCI IR existante en SCI IS ?

Oui, techniquement. Il suffit de notifier l'option pour l'IS au Service des Impôts des Entreprises avant la clôture de l'exercice au cours duquel l'option prend effet. Mais cette transformation n'est pas neutre fiscalement : elle peut entraîner une taxation immédiate des plus-values latentes sur les biens détenus par la SCI, ainsi qu'une cessation fiscale partielle. L'accompagnement d'un expert-comptable et d'un avocat fiscaliste est vivement recommandé avant de procéder à cette mutation.

Une SCI IS peut-elle emprunter à ses associés ?

Oui. Une SCI IS peut recourir aux comptes courants d'associés pour financer ses investissements. Les intérêts versés aux associés sont déductibles du résultat imposable, dans la limite du taux d'intérêt de référence fixé par l'administration fiscale (taux des avances de la Banque centrale européenne majoré de 1,8 %, actualisé chaque trimestre). Au-delà de ce plafond, les intérêts excédentaires sont réintégrés dans le résultat imposable. Cette technique peut être très efficace pour financer des travaux ou une acquisition complémentaire sans passer par un prêt bancaire.

Photo de Manuel RAVIER

Manual RAVIER

Co-fondateur, Investissement-Locatif.com

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Co-fondateur d'Investissement-Locatif.com depuis 2012, Manuel RAVIER a accompagné plus de 4 000 investisseurs dans la structuration fiscale de leur patrimoine immobilier. Il maîtrise les subtilités de la SCI IS, du LMNP, du régime foncier et de la SARL de famille. Sa conviction : la fiscalité n'est pas une contrainte, c'est un levier. Une approche terrain au service des investisseurs qui veulent payer moins d'impôts légalement.

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