Vente immeuble locatif avec locataire : ce qu’il faut savoir

photo de Mickaël ZONTA
  • Article rédigé par Mickaël ZONTA
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Publié le 25 avril 2026
Summary
Peut-on vendre un immeuble locatif avec des locataires en place ?
Le locataire a-t-il toujours un droit de préemption ?
Cas n°1 : vendre le logement occupé en cours de bail
Cas n°2 : le congé pour vente à l’échéance du bail
Cas n°3 : vente d’un immeuble entier avec plusieurs locataires
Cas n°4 : première vente après division de l’immeuble
Quelles formalités sécurisent vraiment la vente ?
Quel impact sur le prix de vente d’un immeuble loué ?
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
What you need to remember
FAQ
vente-immeuble-locatif-locataire

Un propriétaire peut vendre un immeuble de rapport avec des occupants en place. Dans ce cas, les baux se poursuivent en principe avec l’acquéreur, et l’occupant ne bénéficie pas automatiquement d’une priorité d’achat. En revanche, cette priorité existe dans certaines situations précises, notamment en cas de congé pour vendre ou lors de certaines cessions après division.

La cession d’un logement loué et celle d’un bâtiment avec plusieurs occupants ne suivent pas toujours le même régime. Pour un bail d’habitation vide, le congé pour vendre doit être adressé au moins 6 mois avant la fin du bail.

L’occupant dispose alors de 2 mois pour accepter l’offre, et ce délai passe à 4 mois en cas de financement par prêt. En cas de congé frauduleux, le juge peut prononcer une amende allant jusqu’à 6 000 euros pour un bailleur personne physique, et 30 000 euros pour une personne morale.

Source : service-public.gouv.fr

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

L'immeuble de rapport, c'est l'accélérateur patrimonial par excellence. Personnellement, j'en détiens plusieurs dans mon portefeuille de 100+ lots. Ce que beaucoup d'investisseurs ne voient pas, c'est qu'un immeuble entier vous donne un contrôle total : pas de copropriété, pas de charges imposées par d'autres, liberté de travaux. Sur nos accompagnements, les investisseurs qui passent de l'appartement à l'immeuble franchissent un cap décisif dans la constitution de leur patrimoine.

Peut-on vendre un immeuble locatif avec des locataires en place ?

Oui, un bailleur peut céder un immeuble de rapport alors que des occupants sont toujours dans les lieux. En pratique, deux voies existent :

  • céder l’ensemble occupé, avec les baux en cours, 
  • attendre la fin de certains contrats pour vendre libre.

La cession reste donc possible, mais les droits des occupants varient selon la formule retenue.

Vendre en cours de bail reste possible

Un contrat en cours n’empêche pas la cession. Le bailleur peut transmettre le logement ou l’ensemble immobilier même si les occupants sont toujours présents. Dans ce cas, l’acquéreur reprend les contrats existants et devient le nouveau bailleur. L’occupant conserve son contrat, son loyer et, en principe, les mêmes conditions.

La cession ne met pas fin au bail. Le changement porte sur le bailleur, pas sur les droits de l’occupant. Ce rappel évite beaucoup de confusions au moment de la mise sur le marché.

Le locataire n’est pas prioritaire dans tous les cas

C’est l’erreur la plus fréquente. Beaucoup pensent que dès qu’un logement loué arrive sur le marché, l’occupant passe automatiquement avant les autres acheteurs. Ce n’est pas exact. Quand le bien est cédé occupé, l’occupant peut rester dans les lieux, mais il ne bénéficie pas forcément d’un droit de préemption.

Cette priorité existe dans des cas précis, par exemple lors d’un congé pour vendre ou dans certaines cessions après division. Il faut donc regarder la forme de l’opération, et non la seule présence d’un occupant dans les lieux.

Vendre un immeuble entier ne suit pas toujours la même logique

Quand le bailleur cède un immeuble entier avec plusieurs logements, le raisonnement n’est plus le même que pour un seul appartement loué. Certaines ventes en bloc peuvent ouvrir un droit de préemption aux occupants, surtout si l’acquéreur ne prolonge pas les baux en cours. À l’inverse, si l’acheteur s’engage à proroger les baux pendant au moins 6 ans, ce droit ne joue pas dans ce cadre.

Avant de mettre votre bien sur le marché, faites-le estimer.

Une bonne estimation permet de viser le bon montant dès le départ et d’éviter une négociation à perte.

Le locataire a-t-il toujours un droit de préemption ?

Non. L’occupant ne dispose pas d’une priorité d’achat dans toutes les situations. Tout dépend du type d’opération, du type de contrat et de la manière dont le propriétaire transmet le bien ou le bâtiment. C’est ce point qui crée le plus d’erreurs dans les dossiers portant sur des biens occupés.

Pour éviter la confusion, il faut séparer les cas où cette priorité existe de ceux où elle ne joue pas.

Le droit de préemption existe dans des cas précis

L’occupant peut acheter en priorité quand le propriétaire lui adresse un congé pour vendre un bien vide soumis à la loi du 6 juillet 1989. Il peut aussi profiter de cette priorité lors de la première transmission d’un appartement après division du bâtiment par lots. Autre cas à connaître : la cession en bloc d’un bâtiment de plus de 5 appartements, si l’acquéreur ne prolonge pas les contrats en cours pendant au moins 6 ans.

En clair, il n’existe pas un seul mécanisme, mais plusieurs régimes. Le propriétaire doit donc vérifier le cadre exact de l’opération avant d’adresser une proposition ou un congé.

La vente d’un bien loué ne déclenche pas toujours ce droit

Si le propriétaire transmet l’appartement occupé en cours de location, sans donner congé pour vendre, l’occupant reste dans les lieux, mais il ne devient pas automatiquement prioritaire pour acheter. Le contrat se poursuit avec le nouveau propriétaire. Beaucoup de vendeurs et d’occupants confondent cette transmission avec le congé pour vendre, alors que les règles diffèrent.

La nuance change tout. Une transmission avec occupant en place prolonge le contrat. Un congé pour vendre met fin à la location à son terme, avec une proposition d’achat au profit de l’occupant dans les cas prévus par la loi.

Les délais varient selon le type de préemption

Quand le congé pour vendre ouvre une priorité d’achat, l’occupant a 2 mois pour répondre à compter de la réception de la proposition. Le laps de temps passe à 4 mois s’il finance l’achat avec un prêt. Lors d’une première transmission après division, la proposition reste aussi valable 2 mois. En revanche, pour une cession en bloc d’un bâtiment de plus de 5 appartements, la proposition est valable 4 mois.

Ces échéances doivent être respectées à la lettre. Une erreur de procédure peut fragiliser l’opération, et le non-respect de cette priorité peut même entraîner la nullité de l’acte conclu au profit d’un autre acquéreur.

Source : les-differents-droits-de-preemption-du-locataire

L’occupant peut acheter en priorité quand le propriétaire lui adresse un congé pour vendre un bien vide soumis à la loi du 6 juillet 1989.

Cas n°1 : vendre le logement occupé en cours de bail

Un propriétaire peut transmettre un appartement occupé avant la fin du contrat. Le bien est alors repris avec l’occupant déjà en place. L’acquéreur reprend le contrat et devient le nouveau propriétaire.

Pour bien comprendre ce cas, il faut voir ce qui se poursuit après l’opération et ce qui ne change pas pour l’occupant.

Le bail continue après la vente

La transmission ne met pas fin au contrat de location. L’occupant reste dans l’appartement, avec le même contrat, le même loyer et les mêmes conditions. Le nouveau propriétaire reprend les prérogatives et les obligations de l’ancien.

Le locataire n’est pas prioritaire pour acheter

Si l’appartement est transmis avec occupant en place en cours de contrat, celui-ci ne bénéficie pas automatiquement d’une priorité d’achat. Il peut acheter si le propriétaire lui propose le bien, mais il ne passe pas avant tous les autres acquéreurs dans cette situation.

Acheter un appartement occupé ne permet pas de donner congé tout de suite. Si le nouveau propriétaire veut proposer un bien libre ou habiter les lieux plus tard, il doit respecter les échéances légales liées au contrat en cours. La date de fin du contrat reste donc un point à vérifier avant toute transmission.

Cas n°2 : le congé pour vente à l’échéance du bail

Si le propriétaire veut transmettre libre, sans occupant dans les lieux, il ne peut pas agir n’importe quand. Il doit attendre la fin du contrat et adresser un congé pour vendre dans les échéances prévues par la loi. C’est dans ce cadre que l’occupant peut devenir prioritaire pour acheter.

Pour bien comprendre ce cas, il faut voir quand ce congé est possible, ce qu’il doit contenir et quelles échéances s’appliquent.

Le congé pour vendre doit respecter un délai précis

Pour un bien vide, le congé doit arriver au moins 6 mois avant la fin du contrat. Pour un bien meublé, l’échéance est de 3 mois. Si ce laps de temps n’est pas respecté, le congé peut être contesté.

Le propriétaire ne peut donc pas décider de proposer un bien libre au dernier moment. La date de fin du contrat commande toute la procédure.

Le congé vaut offre de vente au locataire

Quand le bien est occupé au titre d’un contrat vide, le congé pour vendre vaut proposition d’achat. L’occupant dispose alors d’une priorité. Le courrier doit indiquer le montant et les conditions de la transmission. Sans ces éléments, la procédure n’est pas régulière.

Il faut aussi retenir que si le bien est transmis avec occupant en place en cours de contrat, cette priorité n’existe pas automatiquement. Ici, elle existe parce que le propriétaire veut récupérer un bien libre à la fin du contrat.

Le locataire dispose de 2 mois pour répondre

À compter de la réception de la proposition, l’occupant a 2 mois pour accepter ou refuser. S’il achète avec un prêt, le laps de temps pour signer l’acte de vente passe à 4 mois. S’il ne répond pas dans l’échéance prévue, il est considéré comme ayant renoncé.

En cas d’acceptation, une promesse signée avec un autre acheteur tombe. En cas de refus, l’occupant doit quitter les lieux à la fin du préavis.

Un congé frauduleux peut coûter cher

Le propriétaire doit avoir une vraie intention de transmettre. Si le congé est frauduleux, l’occupant peut saisir le juge. Le juge peut prononcer une amende allant jusqu’à 6 000 euros pour une personne physique et 30 000 euros pour une personne morale.

Ce point mérite d’être rappelé dans un article destiné aux bailleurs. Une opération mal préparée peut faire perdre du temps et ouvrir un contentieux.

Cas n°3 : vente d’un immeuble entier avec plusieurs locataires

Quand le propriétaire transmet tout le bâtiment en une seule fois, les règles changent. On ne parle plus de la transmission d’un seul appartement occupé, mais d’une cession en bloc. Dans ce cas, certains occupants peuvent avoir une priorité d’achat.

Pour bien lire cette situation, il faut regarder la taille de l’ensemble et le projet du futur acheteur.

La vente en bloc vise les immeubles de plus de 5 logements

Cette priorité peut s’appliquer quand un bâtiment entier, à usage d’habitation ou mixte, est transmis en une seule fois et qu’il compte plus de 5 appartements. Le propriétaire doit alors informer chaque occupant du montant et des conditions de transmission du bâtiment, ainsi que du montant du lot qu’il occupe.

Cette information vaut proposition d’achat pour le lot occupé. Le montant global de l’ensemble sert surtout de repère économique.

Le droit du locataire dépend du projet de l’acquéreur

L’occupant ne bénéficie pas automatiquement d’une priorité d’achat dans toutes les cessions en bloc. Cette priorité existe si l’acquéreur ne veut pas proroger les contrats en cours pendant au moins 6 ans. S’il prend cet engagement, cette priorité ne s’applique pas dans ce cadre.

C’est un point de tri utile pour le lecteur. Avant de parler de proposition d’achat, il faut donc savoir ce que prévoit l’acheteur pour les contrats en cours.

Le locataire garde le logement s’il refuse l’offre

Si l’occupant refuse la proposition, il ne perd pas son appartement pour autant. Il garde le maintien dans les lieux, car il s’agit d’une proposition d’achat, et non d’un congé. La proposition reste valable 4 mois à compter de sa réception.

Cette règle change beaucoup de choses dans une transmission de bâtiment de rapport. Elle permet de céder l’ensemble, tout en laissant aux occupants la possibilité d’acheter leur appartement en priorité dans certains cas.

Cas n°4 : première vente après division de l’immeuble

Quand un bâtiment a été divisé en lots, la première transmission d’un appartement occupé peut ouvrir une priorité d’achat à l’occupant. Ici, on ne parle pas d’une cession en bloc, mais d’une transmission lot par lot après division. Ce cas revient souvent dans les opérations de découpe.

Pour bien lire cette situation, il faut retenir que la division du bâtiment change le cadre juridique de l’opération.

La première vente après division peut donner priorité au locataire

L’article 10 de la loi du 31 décembre 1975 prévoit une priorité d’achat au profit de l’occupant d’un local à usage d’habitation ou mixte, lors de la première transmission après division ou subdivision du bâtiment. Le propriétaire doit donc informer l’occupant avant la signature avec un autre acquéreur.

Cette notification doit être faite avant l’opération. À défaut, la transmission peut être annulée.

L’offre doit être notifiée dans les formes prévues par la loi

L’information de l’occupant se fait par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte de commissaire de justice. La notification doit aussi reprendre les premiers alinéas de l’article 10 de la loi de 1975. L’occupant dispose ensuite de 2 mois pour accepter la proposition.

Ici encore, la forme compte autant que le fond. Une proposition mal envoyée ou incomplète fragilise toute l’opération.

Ce droit ne profite pas à tous les locataires

Cette priorité ne s’applique pas si le contrat ou l’occupation sont postérieurs à la division ou à la subdivision du bâtiment. Cette limite a été rappelée par le Conseil constitutionnel dans une décision du 9 janvier 2018, puis reprise par le décret n° 2020-1150 du 17 septembre 2020.

En clair, la loi protège surtout l’occupant déjà en place au moment de la division. Un occupant arrivé après n’entre pas dans le même régime.

Quelles formalités sécurisent vraiment la vente ?

Transmettre un bien occupé ne se résume pas à fixer un montant et signer un compromis. Le propriétaire doit vérifier le bon régime avant toute démarche. C’est ce qui évite les erreurs de courrier, d’échéance ou de proposition d’achat.

Avant d’aller plus loin, il faut donc voir les points à contrôler dans le bon ordre.

Vérifier le type de vente et le type de bail

Premier réflexe : identifier le cas exact. Transmission avec occupant, congé pour vendre, cession en bloc ou première transmission après division ne suivent pas les mêmes règles. Il faut aussi vérifier si le bien est occupé vide ou meublé, car l’échéance du congé n’est pas la même.

Sans ce tri, le risque est d'appliquer la mauvaise procédure au mauvais dossier.

Respecter la forme de la notification

Quand une proposition doit être adressée à l’occupant, elle doit être faite dans les formes prévues par les textes. Selon le cas, la notification passe par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte de commissaire de justice. Elle doit aussi reprendre le montant et les conditions de transmission.

Si plusieurs occupants sont titulaires du contrat, chacun doit recevoir la notification. En cas de couple marié ou pacsé connu du propriétaire, les deux membres du couple doivent aussi être visés.

Contrôler les délais avant de signer

Le calendrier compte autant que le contenu. En cas de congé pour vendre, l’occupant a 2 mois pour répondre. En cas de prêt, il a 4 mois pour réaliser l’achat. En cas de cession en bloc de plus de 5 appartements, la proposition reste valable 4 mois.

Signer trop vite avec un autre acquéreur peut donc bloquer ou fragiliser l’opération.

Dès qu’il y a plusieurs appartements, une division, un contrat ancien ou une priorité d’achat possible, le notaire doit intervenir tôt. Son rôle est de vérifier la procédure et de purger les droits avant l’acte authentique. C’est souvent là que se joue la sécurité de l’opération.

Quel impact sur le prix de vente d’un immeuble loué ?

Un bâtiment occupé ne se vend pas comme un immeuble vide. Le montant dépend du profil de l’acheteur visé. Un acquéreur qui veut habiter les lieux paiera souvent moins qu’un investisseur qui cherche déjà des loyers en place.

Pour fixer le bon montant, il faut donc raisonner en logique d’usage et de rendement.

Un immeuble occupé peut subir une décote

Quand les appartements sont occupés, le vendeur s’adresse surtout à des investisseurs. Cela réduit le nombre d’acheteurs potentiels. Sur le marché, certains biens occupés subissent donc une décote. Des sources de marché évoquent une baisse moyenne autour de 10%, avec des écarts plus élevés selon la durée du contrat, le niveau du loyer ou le profil de l’occupant.

Cette décote n’est pas automatique, mais elle existe souvent quand le loyer est faible ou quand la récupération du bien paraît lointaine.

Les loyers en place peuvent aussi soutenir la valeur

À l’inverse, un bâtiment déjà occupé peut séduire un investisseur. Il achète un revenu locatif déjà en place, avec moins de vacance au départ. Plus les contrats sont propres, les loyers cohérents et le taux d’occupation bon, plus l’opération peut se défendre sur une logique de rendement.

En pratique, un bien occupé se valorise souvent moins sur l’usage personnel, mais mieux sur sa rentabilité.

Le bon prix dépend de trois points simples

Pour estimer un bien occupé, il faut regarder :

  • le niveau réel des loyers

  • la durée restante des contrats

  • le potentiel de revalorisation à moyen terme

Un acheteur regarde aussi la solvabilité des occupants, l’état du bâti et la facilité de gestion. Plus le dossier est propre, plus le montant tient.

Transmettre un appartement occupé en cours de contrat ne donne pas automatiquement à l’occupant une priorité d’achat.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Sur ce sujet, les erreurs viennent souvent d’une mauvaise lecture du cadre juridique. Le propriétaire pense transmettre simplement, alors que la procédure change selon le contrat, le type d’opération et la situation de l’occupant. C’est là que naissent les blocages.

Pour limiter ce risque, il faut repérer les fautes les plus courantes avant même la mise sur le marché.

Confondre vente occupée et congé pour vendre

C’est l’erreur la plus fréquente. Transmettre un appartement occupé en cours de contrat ne donne pas automatiquement à l’occupant une priorité d’achat. En revanche, si le propriétaire veut proposer un bien libre à la fin du contrat, le congé pour vendre vaut proposition d’achat dans les cas prévus par la loi.

Beaucoup de litiges partent de cette confusion simple.

Envoyer une notification incomplète

Une proposition d’achat ou un congé mal rédigé peut fragiliser toute l’opération. Le montant, les conditions de transmission et le bon formalisme doivent apparaître dans le courrier. En présence de plusieurs titulaires du contrat, chacun doit être destinataire de la notification.

Oublier un destinataire ou un élément obligatoire peut remettre en cause la suite de l’opération.

Signer trop vite avec un autre acheteur

Quand une priorité d’achat existe, le propriétaire doit attendre la fin du laps de temps laissé à l’occupant. En cas d’acceptation dans les temps, une promesse signée avec un tiers tombe. Le non-respect de cette priorité peut même entraîner la nullité de l’acte conclu au profit d’un autre acquéreur.

Autrement dit, le calendrier compte autant que le montant.

Oublier les cas particuliers

Cession en bloc de plus de 5 appartements, première transmission après division, occupant protégé, achat récent du bien par le propriétaire : ces situations changent les règles. Un dossier qui paraît simple peut donc devenir technique très vite.

Dès qu’un doute existe, il faut faire valider la procédure avant l’envoi du premier courrier.

What you need to remember

On peut donc vendre un immeuble avec locataire, mais pas de la même façon selon le cadre retenu. Tout se joue sur un point : savoir si l’occupant a une priorité d’achat, à quel moment il faut l’informer et quelle procédure suivre.

Avant toute signature, mieux vaut donc vérifier le type de contrat, la situation des lieux et le formalisme applicable. C’est la meilleure façon d’éviter une erreur qui bloque l’opération ou fragilise l’acte final.

FAQ

 

Un propriétaire peut-il vendre un immeuble loué sans prévenir les locataires ?

Oui, s’il cède un logement ou un immeuble occupé avec les baux en cours, il peut le faire sans proposer automatiquement l’achat à l’occupant. En revanche, il doit respecter le droit de visite et, dans certains cas prévus par la loi, adresser une offre de vente à l’occupant.

Le locataire est-il toujours prioritaire pour acheter ?

Non. Le droit de préemption existe dans des cas précis : congé pour vendre d’un logement vide soumis à la loi de 1989, première cession après division, ou vente en bloc d’un immeuble de plus de 5 logements si l’acquéreur ne proroge pas les baux pendant au moins 6 ans.

Combien de temps le locataire a-t-il pour répondre à une offre de vente ?

En cas de congé pour vendre, l’offre est valable pendant les 2 premiers mois du préavis. Si l’occupant accepte et finance l’achat par un prêt, il dispose de 4 mois pour signer l’acte de vente au lieu de 2 mois. En cas de vente en bloc, l’offre reste valable 4 mois.

Le locataire doit-il quitter le logement s’il refuse d’acheter ?

Pas toujours. En cas de congé pour vendre, le refus implique le départ à la fin du bail. En revanche, lors d’une première cession après division ou d’une vente en bloc, le refus de l’offre ne fait pas perdre le droit au maintien dans les lieux.

Une erreur dans la procédure peut-elle annuler la vente ?

Oui. Le non-respect du droit de préemption peut entraîner la nullité de l’acte conclu avec un autre acquéreur. Une erreur de délai, de destinataire ou de contenu dans la notification peut donc avoir de vraies conséquences.

Photo de Mickaël ZONTA

Mickaël ZONTA

Co-fondateur, Investissement-Locatif.com

Expert en investissement immobilier locatif et cofondateur d’Investissement-Locatif.com. Diplômé de l’EDHEC Business School, il crée sa première société en 2011 puis lance en 2012 un modèle clé en main qui accompagne aujourd’hui des milliers d’investisseurs, avec plus de 3 000 clients accompagnés selon sa biographie, et plus de 400 M€ investis selon ses prises de parole publiques. Spécialiste du LMNP réel et de la vente immeuble à forte valeur locative, il investit aussi à titre personnel dans des immeubles de rapport, des appartements et des bureaux. Auteur de “Vive l’immobilier et vive la rente”, il intervient aussi comme conférencier sur la liberté financière par l’immobilier.

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