Le compromis de vente : comment ça marche en immobilier locatif ?

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  • Article rédigé par Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Temps de lecture 5 minutes Mis à jour le mardi 05 mai 2026
Summary
Compromis de vente : définition et valeur juridique en 2026
Que doit obligatoirement contenir un compromis de vente ?
Le dépôt de garantie : montant, séquestre et remboursement
Notaire ou agent immobilier : qui rédige le compromis ?
Droits de mutation en 2026 : l'impact de la hausse des DMTO
Ce que l'investisseur locatif doit vérifier avant de signer
Après le compromis : les étapes qui mènent à la remise des clés
Le compromis, première pierre de votre stratégie d'investissement locatif
Vos questions sur le compromis de vente en investissement locatif
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Le compromis de vente est le moment où votre projet d'investissement locatif bascule du rêve au réel. Vous avez trouvé le bien. Les chiffres tiennent la route, le secteur est porteur, le vendeur est d'accord sur le prix. Et là, on vous tend un document de quarante pages en vous disant : "Il faut signer le compromis." Ce moment précis, celui où l'enthousiasme rencontre le droit, est souvent le plus mal préparé dans un projet d'investissement locatif. Pourtant, c'est là que se joue une bonne partie de la réussite ou de l'échec de votre opération. Un compromis mal rédigé, une condition suspensive oubliée, un dépôt de garantie mal calibré : autant de pièges qui peuvent transformer un investissement prometteur en cauchemar juridique ou financier.

Compromis de vente : définition et valeur juridique en 2026

Le compromis de vente est bien plus qu'un simple "accord de principe". C'est un acte aux conséquences juridiques immédiates et concrètes, qu'il est indispensable de comprendre avant de poser votre signature.

Ce que signifie concrètement « compromis vaut vente »

L'adage juridique "compromis vaut vente" n'est pas une formule creuse. Il est directement tiré de l'article 1589 du Code civil, qui dispose que "la promesse de vente vaut vente, lorsqu'il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix." Autrement dit, dès lors que l'acheteur et le vendeur se sont mis d'accord sur le bien et sur le prix, le transfert de propriété est en quelque sorte déjà acté dans son principe, même si l'acte authentique chez le notaire n'a pas encore été signé.

En pratique, cela signifie que vous êtes lié. Le vendeur ne peut pas se raviser et vendre à quelqu'un d'autre. Vous, en tant qu'acquéreur, ne pouvez pas renoncer sans conséquence financière (sauf à activer vos conditions suspensives ou votre délai légal de rétractation). C'est précisément pour cela que ce document mérite toute votre attention avant la signature.

Compromis de vente vs promesse unilatérale : quelle différence pour un investisseur ?

Il existe en réalité deux grandes formes d'avant-contrat en immobilier : le compromis de vente (ou promesse synallagmatique) et la promesse unilatérale de vente. La distinction est fondamentale pour un investisseur.

Type d’avant-contrat Engagements Conséquences en cas de dédit Particularités Usage courant
Compromis de vente (promesse synallagmatique) Vendeur : obligé de vendre Acquéreur : obligé d’acheter - Exécution forcée possible - Dommages et intérêts si rupture sans motif légitime (hors conditions suspensives) Engagement réciproque des deux parties Forme la plus utilisée en France
Promesse unilatérale de vente Vendeur : obligé de vendre Acquéreur : simple option d’achat - Versement d’une indemnité d’immobilisation (5 à 10 % du prix) - Perte de l’indemnité si l’acheteur renonce Plus de souplesse pour l’acquéreur, option limitée dans le temps Moins courant, utilisé dans opérations complexes ou négociations tendues

 

En tant qu'investisseur locatif, le compromis synallagmatique reste le schéma dominant. Il présente l'avantage d'une plus grande sécurité juridique pour les deux parties, et d'une meilleure protection grâce aux conditions suspensives. C'est ce document que vous signerez dans 9 cas sur 10.

Que doit obligatoirement contenir un compromis de vente ?

Un compromis de vente valide n'est pas un document que l'on rédige à la légère. La loi impose un contenu précis, et les omissions peuvent avoir des conséquences graves, jusqu'à la nullité de l'acte dans certains cas.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

L'erreur la plus fréquente que je vois chez les investisseurs, même après 4 000 opérations accompagnées depuis 2012, c'est de signer un compromis sans avoir lu les PV des trois dernières AG de copropriété. Un seul appel de fonds non anticipé peut ruiner la rentabilité d'un projet entier et c'est évitable en 20 minutes de lecture.

Avant de détailler chaque élément obligatoire, rappelons que cette obligation de contenu est encadrée par plusieurs textes fondamentaux :

  • La loi SRU n° 2000-1208 du 13 décembre 2000
  • La loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014
  • Et plus récemment la loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018.

 

Ces textes ont progressivement renforcé les obligations d'information à la charge du vendeur.

Les mentions légales incontournables

Tout compromis doit impérativement mentionner :

  • L'identité des parties : noms, prénoms, adresses, et qualités (personne physique ou morale). Si vous achetez via une SCI, c'est la société qui figure en tant qu'acquéreur, avec son numéro SIREN.
  • La désignation précise du bien : adresse complète, description cadastrale (section, numéro de parcelle), nature du bien (appartement, maison, local commercial).
  • Le prix de vente et les modalités de paiement : prix net vendeur, montant des frais d'agence et qui les supporte, conditions de financement envisagées.
  • Les conditions suspensives : leur contenu, leurs délais, et les conséquences de leur non-réalisation (voir section dédiée ci-après).
  • La date de signature de l'acte authentique : généralement fixée à 2 à 4 mois après la signature du compromis.
  • Le montant du dépôt de garantie et son mode de séquestre.
  • Les informations relatives aux servitudes, charges réelles, hypothèques ou privilèges grevant le bien.

 

Pour tout bien situé dans le périmètre d'un droit de préemption urbain (DPU), cette mention est également obligatoire, avec les délais de purge correspondants (généralement 2 mois à compter de la déclaration d'intention d'aliéner adressée à la mairie).

Le dossier de diagnostics techniques (DDT) : liste complète 2026

C'est l'une des parties du compromis les plus importantes pour un investisseur locatif. Le Dossier de Diagnostics Techniques doit être annexé à l'acte et remis à l'acquéreur avant la signature. Il conditionne la bonne information de l'acheteur et, dans certains cas, sa capacité à se retourner contre le vendeur après la vente.

Groupe réuni autour d’un document immobilier sur comptoir, image illustrant la signature d’un compromis de vente.

En 2026, les diagnostics obligatoires varient selon la nature et la localisation du bien, mais comprennent typiquement :

  • DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) : valable 10 ans (sauf travaux modifiant la performance énergétique). Réformé par le décret n° 2021-872 du 30 juin 2021, entré en vigueur le 1er juillet 2021. Attention : depuis le 1er janvier 2023, les logements classés G avec une consommation supérieure à 450 kWh/m²/an sont interdits à la location. À partir du 1er janvier 2025, tous les logements G sont interdits à la location. En 2026, c'est une réalité : un DPE G bloque la mise en location. Vérifiez-le impérativement avant de signer.
  • Diagnostic amiante : obligatoire pour les biens dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997. Pas de validité limitée si négatif.
  • Diagnostic plomb (CREP) : obligatoire pour les biens construits avant le 1er janvier 1949. Valable 1 an si positif, illimité si négatif.
  • État des risques et pollutions (ERP) : valable 6 mois. Il intègre depuis l'ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020 les risques naturels, miniers, technologiques, sismiques, radon et les sols pollués.
  • Diagnostic termites : obligatoire dans les zones délimitées par arrêté préfectoral. Valable 6 mois.
  • Diagnostic électricité et gaz : obligatoire si les installations ont plus de 15 ans. Valable 3 ans en cas de vente.
  • Diagnostic bruit (si zone concernée) : valable 6 mois.
  • Superficie loi Carrez : obligatoire pour tout lot en copropriété.

 

Un DDT incomplet peut permettre à l'acquéreur de demander l'annulation de la vente ou une réduction de prix. Ne négligez pas ce point.

Les informations spécifiques au bien mis en location

Pour un bien déjà loué, ce qui est fréquent en investissement locatif, le compromis doit également comporter des informations spécifiques :

  • La surface Carrez est obligatoire pour tout lot en copropriété (loi n° 96-1107 du 18 décembre 1996, dite loi Carrez). Si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée, l'acquéreur peut demander une réduction de prix proportionnelle dans l'année suivant l'acte authentique.
  • Les servitudes grevant le bien (droit de passage, servitude de vue, etc.) doivent être mentionnées. Leur omission peut constituer un dol.
  • L'existence d'une hypothèque ou d'un privilège de prêteur de deniers doit être déclarée. Le prix de vente permettra en principe de les purger, mais vous devez en être informé avant de signer.
  • Le bail en cours : si le bien est loué, le compromis doit mentionner les caractéristiques du bail (type loi 89, meublé, commercial.., durée, loyer mensuel, dépôt de garantie, date d'échéance). C'est une information déterminante pour calculer votre rentabilité locative dès l'acquisition.

 

Le dépôt de garantie : montant, séquestre et remboursement

Le dépôt de garantie, parfois appelé à tort "acompte", est la somme versée par l'acquéreur au moment de la signature du compromis. Elle n'est pas anodine et mérite une stratégie réfléchie.

5 % ou 10 % : comment arbitrer en tant qu'investisseur ?

La pratique consacre deux montants courants : 5 % ou 10 % du prix de vente. La loi ne fixe pas de montant obligatoire, mais l'usage varie selon les situations :

  • 10 % est le montant standard dans la plupart des transactions résidentielles courantes. Il rassure le vendeur et peut parfois faciliter la négociation du prix.
  • 5 % est plus fréquent dans les transactions impliquant un investisseur, ou lorsque le montant total est élevé. Il est également plus courant lorsque le délai entre le compromis et l'acte est long (supérieur à 3 mois), ou lorsque les conditions suspensives sont nombreuses.

 

En tant qu'investisseur locatif, plusieurs critères doivent guider votre arbitrage :

  • Votre trésorerie disponible : immobiliser 20 000 € sur un bien à 200 000 € pendant 3 mois a un coût d'opportunité.
  • Le rapport de force avec le vendeur : si vous êtes en compétition avec d'autres acheteurs, proposer 10 % peut faire la différence.
  • Le montant total de l'opération : sur un bien à 400 000 €, 5 % représente déjà 20 000 €, généralement suffisant pour rassurer le vendeur.

 

Qui conserve la somme et dans quelles circonstances ?

Le dépôt de garantie en immobilier n’appartient ni à l’acheteur ni au vendeur tant que la vente n’est pas définitivement conclue. Selon les circonstances, il peut être restitué, conservé ou donner lieu à une indemnisation. Le tableau ci-dessous synthétise ces cas de figure :

Situation Qui conserve la somme ? Conditions / Conséquences
Période entre compromis et acte authentique Tiers neutre (notaire de l’acquéreur, notaire du vendeur, ou agent immobilier avec garantie financière) Dépôt placé en séquestre, n’appartient ni à l’acheteur ni au vendeur
Remboursement intégral à l’acquéreur Acquéreur - Défaillance d’une condition suspensive (ex. refus de prêt, droit de préemption) - Exercice du droit de rétractation dans le délai légal de 10 jours
Conservation par le vendeur Vendeur - L’acquéreur renonce sans motif légitime - Après expiration du délai de rétractation - Hors défaillance de condition suspensive - Application de la clause pénale (art. 1231-5 du Code civil)
Indemnité due par le vendeur Acquéreur (via décision judiciaire) - Si le vendeur se rétracte ou refuse de signer - L’acquéreur peut demander l’exécution forcée ou des dommages et intérêts au moins équivalents au dépôt de garantie

 

Notaire ou agent immobilier : qui rédige le compromis ?

La question de la rédaction du compromis est souvent sous-estimée. Pourtant, c'est elle qui détermine la qualité juridique de votre protection.

Acte sous seing privé vs acte authentique : avantages et limites

Le compromis peut être rédigé sous deux formes : l'acte sous seing privé et l'acte authentique.

L'acte sous seing privé

Il est rédigé par les parties elles-mêmes, ou par un professionnel mandaté (agent immobilier, notaire agissant en dehors de ses fonctions officielles). Il est parfaitement valable juridiquement, mais sa valeur probante est moindre en cas de litige, il peut être plus facilement contesté qu'un acte authentique.

Deux personnes se serrent la main devant gavel, balance et maisons miniatures, symbolisant calcul des frais de notaire dans le neuf via simulateur.

L'acte authentique

Il est rédigé et signé en présence d'un notaire. Il a la force exécutoire d'un jugement : en cas de litige, il dispense de passer par un procès pour obtenir l'exécution. C'est le seul acte qui fait "foi jusqu'à inscription de faux".

En pratique, la majorité des compromis sont signés sous seing privé, chez l'agent immobilier ou directement entre particuliers. Le passage chez le notaire est parfois proposé pour les transactions complexes (indivision, biens atypiques, montants élevés).

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Pour un investissement locatif, faites relire le compromis par votre propre notaire, même s'il est rédigé par le notaire du vendeur. Les honoraires sont partagés, mais les regards sont différents et votre notaire travaille pour vous.

Frais associés et répartition entre vendeur et acquéreur

La rédaction du compromis est en principe gratuite lorsqu'elle est assurée par un agent immobilier dans le cadre de son mandat. Si elle est réalisée par un notaire, des frais de rédaction peuvent être facturés, ils sont généralement inclus dans les frais d'acte ou facturés de l'ordre de 150 à 300 €.

Les frais de notaire (ou "frais d'acquisition") sont à la charge de l'acquéreur. En 2026, ils se décomposent ainsi pour un bien ancien :

  • Droits de mutation à titre onéreux (DMTO) : voir section dédiée ci-après
  • Émoluments du notaire : proportionnels, calculés sur le prix de vente
  • Débours : frais avancés par le notaire (état hypothécaire, cadastre, etc.)
  • Contribution de sécurité immobilière : 0,10 % du prix de vente

 

Sur un bien à 200 000 €, comptez environ 14 000 à 16 000 € de frais totaux en 2026 (hors DMTO majorés).

Droits de mutation en 2026 : l'impact de la hausse des DMTO

C'est la grande nouveauté fiscale qui pèse sur les acquisitions immobilières en 2026. La loi de finances pour 2025 (loi n° 2024-1551 du 31 décembre 2024) a autorisé les conseils départementaux à relever temporairement le taux des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) de 4,5 % à 5 %, et ce pour une durée de 3 ans à compter du 1er mars 2025.

Concrètement, de nombreux départements ont d'ores et déjà appliqué cette hausse. En 2026, il est probable que la majorité des départements soient passés à 5 %. L'impact est direct sur vos frais d'acquisition.

Illustration chiffrée :

Pour un appartement acheté 200 000 € en région parisienne (département 75, Paris ou 92, 93, 94) :

Taux DMTO Montant des DMTO Frais totaux estimés
4,5 % (ancien taux) 8 850 € ~14 500 €
5 % (nouveau taux) 9 700 € ~15 350 €

 

Soit 850 € supplémentaires sur ce seul poste, pour 200 000 € investis. Sur un bien à 400 000 €, l'écart monte à 1 700 €. Ce n'est pas négligeable dans un calcul de rentabilité.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Intégrez le taux DMTO applicable dans votre département dès le calcul de rendement prévisionnel. Les départements appliquant encore l'ancien taux de 4,5 % représentent une opportunité à ne pas négliger. Vérifiez sur le site de la Direction générale des finances publiques (impots.gouv.fr) le taux exact applicable au moment de votre acquisition.

Ce que l'investisseur locatif doit vérifier avant de signer

Signer un compromis sans avoir effectué ces vérifications préalables, c'est comme acheter une voiture sans regarder sous le capot. En investissement locatif, chaque détail compte et certains peuvent remettre en cause toute votre stratégie.

Trois personnes discutant dans salon lumineux, image illustrant la vente d’un appartement déjà occupé par des locataires.

Situation locative du bien : bail, loyer et congé pour vendre

Si le bien est occupé par un locataire au moment de la signature du compromis, vous rachetez le bail avec le bien. Plusieurs points sont à examiner avec soin :

  • Le type de bail : location nue, meublée, bail commercial, bail professionnel. Chaque régime a ses propres règles de durée, de révision de loyer et de restitution du bien.
  • Le loyer en place : est-il en dessous du marché ? Au-dessus (et donc risqué en zone encadrée) ? En zone de plafonnement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, etc.), un loyer sous-évalué peut avoir été fixé intentionnellement, vérifiez s'il est conforme ou si une majoration est possible.
  • Le congé pour vendre : si vous souhaitez récupérer le bien libre, vous devrez délivrer un congé pour vendre au locataire, qui dispose alors d'un droit de préemption (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Le préavis est de 6 mois avant la fin du bail. Ce point peut décaler votre plan de 6 mois à 1 an.

 

État des lieux des charges de copropriété et des travaux votés

Pour un appartement en copropriété, demandez systématiquement les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales. Vous y trouverez :

  • Les travaux votés mais non encore réalisés : en vertu de l'article 6-2 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 (modifié par la loi ALUR), les travaux votés avant la vente restent à la charge du vendeur pour la quote-part due avant la mutation, mais les provisions futures sont à votre charge en tant que nouveau copropriétaire.
  • Le niveau des charges courantes : elles viennent directement amputer votre cash-flow.
  • L'existence d'un fonds de travaux suffisant (loi ALUR impose une cotisation annuelle minimale de 5 % du budget prévisionnel).
  • Les procédures en cours contre ou en faveur de la copropriété.

 

Un immeuble avec un fonds de travaux épuisé et un ravalement voté à 50 000 € peut transformer un rendement brut de 7 % en un rendement net négatif les premières années.

Rentabilité locative : calculer avant de s'engager définitivement

Avant de signer, votre calcul de rentabilité doit être complet et honnête. Sur Investissement-Locatif, les projets accompagnés visent un rendement brut entre 5 et 10 % selon les villes et les typologies de biens.

Formule de base :

Rendement brut = (Loyer annuel / Prix d'acquisition total) × 100

Le prix d'acquisition total inclut : prix du bien + frais de notaire + travaux éventuels + frais d'agence (si à votre charge).

Salon moderne avec cuisine ouverte et balcon verdoyant, image représentant l’achat d’un appartement T3 neuf lumineux et fonctionnel.

Exemple : un studio à Rennes acheté 120 000 € (frais inclus), loué 650 € /mois = 7 800 € /an → rendement brut de 6,5 %.

Mais le rendement brut ne suffit pas. Calculez également :

  • Le rendement net (après charges de copropriété, taxe foncière, assurance PNO, frais de gestion)
  • Le rendement net-net ou cash-flow (après impôts et prélèvements sociaux selon votre régime fiscal)

 

C'est cette dernière donnée, le cash-flow mensuel, qui déterminera si votre investissement est autofinancé ou s'il nécessite un effort d'épargne mensuel.

Après le compromis : les étapes qui mènent à la remise des clés

Une fois le compromis signé et le délai de rétractation expiré, voici le chemin qui reste à parcourir :

  • J+1 à J+10 : délai de rétractation. Vous pouvez vous retirer sans motif ni pénalité.
  • J+10 à J+45 : instruction du dossier bancaire. Déposez votre dossier auprès de plusieurs banques ou via un courtier dès que possible. Le délai bancaire est souvent le facteur limitant du calendrier global.
  • J+10 à J+60 : purge du droit de préemption. Le notaire transmet la DIA à la mairie. Sans réponse dans les 2 mois, la renonciation est tacite.
  • À réception de l'offre de prêt : 10 jours d'attente obligatoire avant de pouvoir l'accepter (art. L313-34 du Code de la consommation). Ces 10 jours sont incompressibles.
  • J+60 à J+90 : rédaction et signature de l'acte authentique. Le notaire convoque les parties. Vous signez, vous payez (le virement des fonds est généralement réalisé 48 à 72h avant la signature), et vous récupérez les clés.
  • Le jour J : l'acte est signé, la propriété est transférée. Si le bien est loué, le locataire est informé par lettre recommandée du changement de bailleur (article 1690 du Code civil). Vous êtes officiellement propriétaire-bailleur.

 

Le compromis, première pierre de votre stratégie d'investissement locatif

Le compromis de vente n'est pas une formalité. C'est le premier acte de votre stratégie d'investisseur, celui qui encadre juridiquement et financièrement toute la suite de votre projet. Bien rédigé, il vous protège à chaque étape. Mal préparé, il peut vous exposer à des pertes financières significatives ou à des blocages juridiques longs et coûteux.

Chez Investissement-Locatif, nous accompagnons nos clients à chaque étape de leur acquisition, de la sélection du bien jusqu'à la signature de l'acte authentique. Nos experts connaissent les pièges, maîtrisent les textes, et savent comment structurer un dossier pour maximiser votre sécurité juridique et votre rentabilité nette.

Vous avez un projet d'investissement locatif ? Prenez rendez-vous avec l'un de nos experts pour une analyse personnalisée de votre situation.

Vos questions sur le compromis de vente en investissement locatif

Peut-on négocier le montant du dépôt de garantie après avoir signé le compromis ?

Techniquement, toute modification du compromis après signature nécessite l'accord des deux parties et doit faire l'objet d'un avenant signé. En pratique, il est très rare qu'un vendeur accepte de réduire le dépôt de garantie après coup — cela affaiblirait sa sécurité. Mieux vaut négocier ce point avant la signature initiale.

Le compromis est-il valable si l'agent immobilier n'est pas titulaire d'une carte professionnelle ?

Non. En France, la rédaction d'actes sous seing privé portant sur des transactions immobilières est réservée aux agents immobiliers titulaires de la carte professionnelle T (Transaction) délivrée conformément à la loi Hoguet n° 70-9 du 2 janvier 1970. Un compromis rédigé par un professionnel non habilité peut être frappé de nullité. Vérifiez toujours la carte professionnelle de votre interlocuteur.

Est-il possible d'intégrer une clause de révision de prix dans le compromis ?

Oui, sous certaines conditions. Une clause d'indexation ou de révision de prix liée à la réalisation d'un événement futur (obtention d'un permis de construire, résultats d'un audit technique, etc.) est juridiquement possible. Elle doit être rédigée avec précision pour éviter toute ambiguïté sur les modalités de calcul. Cette pratique est toutefois peu courante dans les transactions résidentielles standard.

Que se passe-t-il si le bien est vendu avec une hypothèque non mentionnée au compromis ?

Si une hypothèque non déclarée au compromis apparaît au moment de l'acte authentique, l'acquéreur peut refuser de signer. Il peut également demander l'annulation du compromis pour dol (manœuvre frauduleuse) ou réticence dolosive du vendeur, en application des articles 1137 et 1139 du Code civil. Dans ce cas, le dépôt de garantie lui est intégralement restitué, et des dommages et intérêts peuvent être réclamés.

Le locataire en place doit-il être informé de la vente dès le compromis ?

Non, il n'existe pas d'obligation légale d'informer le locataire dès la signature du compromis. En revanche, si vous envisagez de lui vendre le bien (en vertu de son droit de préemption prévu par l'article 15-II de la loi du 6 juillet 1989), le vendeur doit lui avoir transmis une notice d'information lors du congé pour vendre — ce qui implique de respecter un délai de préavis de 6 mois avant la fin du bail. À la signature de l'acte authentique, le nouveau propriétaire doit notifier le changement de bailleur au locataire par lettre recommandée.

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Manual RAVIER

Co-fondateur, Investissement-Locatif.com

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Co-fondateur d'Investissement-Locatif.com depuis 2012, Manuel Ravier a accompagné plus de 4 000 investisseurs dans leurs projets d'acquisition locative à travers toute la France. Spécialiste de la rentabilité immobilière, il maîtrise l'ensemble des étapes de la transaction, du compromis à la remise des clés, avec une approche toujours centrée sur la performance nette et la sécurité juridique de ses clients.

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