LMNP 2026 : fiscalité, règles et changements

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  • Article rédigé par Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Mis à jour le jeudi 03 septembre 2026
lmnp-2026

La loi de finances 2026 ne bouleverse pas le cœur du dispositif LMNP : le micro-BIC, le régime réel et l'amortissement restent inchangés. Les deux vraies nouveautés à connaître sont la réintégration des amortissements dans la plus-value depuis 2025 et la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les plus-values à compter de 2026.

Points clés à retenir :

 

  • Le statut LMNP est maintenu par la loi de finances 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026) : ni le régime réel, ni le micro-BIC, ni l'amortissement ne sont supprimés.
  • Micro-BIC : abattement de 50 % (plafond 83 600 €) pour la location longue durée, contre 30 % (plafond 15 000 €) pour les meublés de tourisme non classés.
  • Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, sauf pour les résidences services, qui restent exemptées.
  • Les prélèvements sociaux sur la plus-value LMNP passent de 17,2 % à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026.
  • Le seuil de basculement du statut LMNP vers le statut LMP reste fixé à 23 000 € de recettes locatives annuelles.
  • Un nouveau téléservice national d'enregistrement des meublés de tourisme doit être opérationnel au plus tard le 20 mai 2026.

 

Le statut LMNP (location meublée non professionnelle) traverse une nouvelle année de turbulences fiscales. Entre la loi Le Meur, la loi de finances 2025 et le budget 2026, les règles applicables à la location meublée se sont multipliées en quelques mois, et beaucoup d'investisseurs s'interrogent sur l'avenir de ce régime. Faut-il encore investir en LMNP cette année ? Le micro-BIC reste-t-il pertinent face au régime réel ? Comment anticiper la fiscalité de sortie lors d'une revente, et à partir de quel montant de recettes bascule-t-on du statut LMNP vers le statut LMP (loueur en meublé professionnel) ?

Article à jour - Basé sur la loi de finances pour 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026, entrée en vigueur le 21 février 2026).

Les régimes fiscaux du LMNP en 2026

Avant de choisir un bien, il faut choisir un régime fiscal. Le LMNP fonctionne avec deux options bien distinctes : le micro-BIC et le régime réel. Chacune a ses propres seuils, ses propres abattements et ses propres règles de calcul, et le choix entre ces deux régimes dépend avant tout du montant de vos charges et du niveau de vos recettes annuelles. Voici comment elles s'appliquent concrètement en 2026.

Le régime micro-BIC : seuils et abattements 2026

Le micro-BIC séduit par sa simplicité. Vous déclarez vos loyers bruts, et l'administration applique un abattement forfaitaire ; aucune comptabilité complexe, aucune liasse fiscale à produire. Mais les taux et les plafonds varient désormais fortement selon le type de location meublée : location classique de longue durée, meublé de tourisme classé, meublé de tourisme non classé, ou chambre d'hôtes.

Consultant tenant un dossier face à deux clients, image claire d’une rencontre autour d’un crédit immobilier locatif.

Voici les paramètres applicables en 2026, conformément à l'article 50-0 du Code général des impôts et aux évolutions issues de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 :

Type de location meublée Abattement 2026 Plafond de recettes
Location meublée longue durée (résidence principale du locataire) 50 % 83 600 €
Meublé de tourisme classé et chambre d'hôtes 50 % 83 600 €
Meublé de tourisme non classé 30 % 15 000 €

 

Un investisseur qui génère 20 000 € de recettes annuelles en location saisonnière non classée dépasse donc automatiquement le plafond du micro-BIC. Il bascule alors obligatoirement au régime réel, avec les obligations comptables associées.

👉 Il faut aussi distinguer la location meublée classique, tournée vers une résidence de longue durée, de la location de courte durée pratiquée dans les meublés de tourisme :

  • La première repose sur un bail d'un an renouvelable et des revenus réguliers ;
  • La seconde implique une rotation plus fréquente des locataires et davantage de temps consacré à la gestion, avec des règles fiscales qui varient selon que le logement est classé ou non.

 

Le régime réel : charges déductibles et amortissement

Le régime réel demande plus de rigueur, mais il offre un levier fiscal bien plus puissant. Vous déduisez vos charges réelles, et surtout, vous amortissez le bien et le mobilier qui l'équipe.

Concrètement, les charges déductibles au réel comprennent :

  • Les intérêts d'emprunt et les frais de dossier bancaire, ainsi que les frais de notaire liés à l'acquisition, qui représentent en moyenne 7 à 8 % du prix d'achat dans l'ancien.
  • La taxe foncière et les charges de copropriété non récupérables.
  • Les frais de gestion locative et les primes d'assurance (PNO, GLI).
  • Les travaux d'entretien et de réparation.
  • La dotation annuelle liée à l'usure du bien immobilier (hors valeur du terrain) et du mobilier.

 

Pour bénéficier pleinement de ces avantages, mieux vaut tenir une comptabilité rigoureuse et conserver l'ensemble des justificatifs liés à vos charges.

Ce mécanisme de répartition de la valeur du bien sur sa durée d'usage estimée - généralement entre 25 et 40 ans pour l'immobilier - est le cœur du réacteur LMNP. Résultat : le résultat imposable peut être ramené à zéro pendant de nombreuses années, sans que le loyer réellement perçu ne diminue d'un centime. C'est ce qui explique la popularité du statut depuis plus de vingt ans.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Le régime réel n'est puissant que si vous financez bien votre projet. Un plan d'amortissement mal calculé, ou un bien surévalué à l'achat, réduit mécaniquement votre marge fiscale future. Avant de signer, faites toujours vérifier ce calcul par un expert-comptable spécialisé LMNP : c'est un réflexe que je recommande systématiquement à nos clients depuis 2012.

Micro-BIC ou régime réel : comment choisir en 2026 ?

Le choix dépend presque toujours du montant de vos charges réelles. Si elles dépassent l'abattement forfaitaire du micro-BIC, le régime réel devient mécaniquement plus avantageux.

En pratique, un investisseur qui a recours à un crédit immobilier a presque toujours intérêt à opter pour le réel : les intérêts d'emprunt, combinés aux amortissements pratiqués, neutralisent souvent l'intégralité de l'imposition pendant les dix à quinze premières années. À l'inverse, un propriétaire sans emprunt, avec de faibles charges, peut préférer la simplicité du micro-BIC.

Trois personnes réunies autour d’un bureau avec graphiques financiers, reflet d’un calcul de rendement locatif

Prenons un exemple : un investisseur perçoit 18 000 € de revenus locatifs annuels sur un logement donné en location, pour 9 000 € de charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, frais de gestion, assurance, renouvellement du mobilier) :

  • Au micro-BIC, l'abattement forfaitaire ramène le résultat imposable à 9 000 €
  • Au régime réel, en déduisant l'ensemble de ces charges puis les amortissements du bien et du mobilier, le résultat imposable peut tomber à un montant nettement inférieur, voire à zéro sur plusieurs exercices.

 

Ce comparatif doit être refait chaque année, car le montant des revenus comme celui des charges évolue d'un exercice à l'autre ; un expert-comptable spécialisé en LMNP saura vous aider à déclarer correctement vos résultats et à choisir le régime fiscal le plus favorable.

Vous hésitez encore entre les deux régimes pour votre projet ? Nos conseillers peuvent simuler votre fiscalité réelle avant tout achat.

LMNP ou LMP : quel statut selon votre activité ?

Beaucoup d'investisseurs confondent LMNP et LMP. Le basculement de l'un vers l'autre n'est pas un choix : il dépend d'un seuil légal. 👉 Vous restez loueur en meublé non professionnel tant que vos recettes locatives annuelles ne dépassent pas 23 000 € et restent inférieures à l'ensemble des autres revenus professionnels de votre foyer fiscal.

Si ces deux conditions ne sont plus réunies, vous basculez automatiquement en LMP, avec des conséquences importantes :

 

Le loueur en meublé professionnel doit par ailleurs déclarer le début de son activité au greffe du tribunal de commerce, contrairement au loueur en meublé non professionnel, dispensé de cette formalité. Pour un investisseur qui multiplie les biens locatifs, anticiper ce seuil dès l'achat évite de mauvaises surprises comptables.

Pour bénéficier du statut LMNP, quelques conditions doivent aussi être réunies concernant le bien lui-même : le logement doit être loué meublé, c'est-à-dire équipé d'un ensemble de meubles suffisant pour que le locataire puisse y vivre normalement dès son arrivée (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, rangements).

La loi fixe une liste précise de mobilier obligatoire ; l'absence d'un seul élément peut suffire à faire requalifier la location en location nue. Le bien peut être un studio, un appartement, une maison, ou un logement au sein d'une résidence de services, dès lors que l'activité reste exercée à titre non professionnel. Beaucoup de loueurs choisissent d'ailleurs de déléguer la gestion de leur bien à un professionnel, ce qui permet de sécuriser les revenus locatifs tout en limitant le temps consacré à cette activité.

Salon moderne avec canapé gris, table ronde noire et bibliothèque boisée, illustration d’un intérieur bien meublé et chaleureux.

🏠 Un exemple concret illustre bien cette logique sur plusieurs ans :

Deux investisseurs, l'un en résidences services et l'autre en location meublée classique de longue durée, peuvent afficher des loyers annuels comparables mais une fiscalité de sortie très différente ;

  • Le premier, protégé par le régime des résidences services, reste au régime micro-BIC ou passe au réel sans jamais subir la réintégration des amortissements ;
  • Le second, en location de courte durée classique, doit surveiller de près ses plafonds annuels pour ne pas perdre le bénéfice de son statut de loueur en meublé non professionnel.

 

LMNP 2026 : les changements fiscaux à connaître

La fiscalité du LMNP a été bouleversée en deux vagues successives : la loi Le Meur fin 2024, puis la loi de finances 2025 et son prolongement en 2026. Voici les cinq évolutions majeures à connaître avant d'investir ou de revendre.

Le statut LMNP maintenu par la loi de finances 2026

Bonne nouvelle pour les investisseurs : le statut LMNP n'a pas disparu. La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel n° 0043 du 20 février 2026, ne supprime ni le régime réel, ni les amortissements, ni le micro-BIC classique. Un amendement visant à plafonner les amortissements LMNP à 2 % avait pourtant été déposé ; il n'a finalement pas été retenu dans le texte définitif. Le régime par composants reste donc pleinement applicable en 2026, conformément aux règles générales prévues par le Code général des impôts.

Réintégration des amortissements dans la plus-value

C'est le changement le plus structurant depuis la création du statut. Depuis le 1er janvier 2025, en application de l'article 84 de la loi de finances pour 2025, les sommes déduites chaque année au titre des amortissements sont réintégrées dans le calcul de la plus-value imposable à la revente.

Avant cette réforme, les amortissements réduisaient votre impôt chaque année, sans jamais être « repris » lors de la vente. Ce n'est plus le cas : la plus-value se calcule désormais sur la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition diminué des dotations pratiquées, selon les règles de l'article 150 VB du Code général des impôts. Les résidences services (étudiantes, seniors, EHPAD) restent toutefois exemptées de cette réintégration, tant que le bail commercial est en cours.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Ce n'est pas une raison pour renoncer au réel. Sur une détention de 15 à 20 ans, l'avantage fiscal cumulé pendant la location reste généralement supérieur à la reprise constatée à la revente. Il faut simplement intégrer ce paramètre dans votre calcul de rentabilité nette, dès l'achat.

Durcissement fiscal des meublés de tourisme non classés

C'est ici que le durcissement est le plus sévère. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a divisé par deux l'abattement des meublés non classés et par cinq le plafond de recettes éligible au micro-BIC.

Paramètre Avant la loi Le Meur Depuis le 1er janvier 2025
Abattement meublé non classé 50 % 30 %
Plafond de recettes non classé 83 600 € 15 000 €
Abattement meublé classé 71 % 50 %
Plafond de recettes classé 188 700 € 83 600 €

 

En clair, un Airbnb non classé qui génère plus de 15 000 € de loyers par an bascule automatiquement au régime réel. Faire classer son bien (de 1 à 5 étoiles, via un organisme agréé) redevient donc un levier fiscal stratégique pour 2026.

Hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %

Autre évolution issue de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, adoptée le 5 décembre 2025 : la CSG progresse de 1,4 point, passant de 9,2 % à 10,6 %. Le taux global des prélèvements sociaux applicable aux plus-values LMNP grimpe donc de 17,2 % à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026. Cette hausse touche essentiellement les revenus de la plus-value immobilière lors d'une revente en LMNP, et vient s'ajouter à l'impôt sur le revenu déjà dû ; les résidences services relevant d'un bail commercial ne sont pas concernées par cette mesure.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

1,4 point supplémentaire, cela semble peu. Mais sur une plus-value de 150 000 €, c'est plus de 2 000 € de fiscalité en plus. Intégrez ce paramètre dans vos simulations de revente avant de fixer votre prix net vendeur.

DPE obligatoire et interdiction des passoires thermiques

La transition énergétique s'invite aussi dans la fiscalité du meublé. Depuis le 1er janvier 2025, la loi Climat et Résilience interdit la location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE), quel que soit le statut fiscal du bailleur. Le calendrier est désormais clair et progressif : interdiction de louer un bien classé G depuis le 1er janvier 2025, extension aux logements classés F à partir de 2028, puis aux logements classés E à partir de 2034. Pour les meublés de tourisme situés en zone tendue, la loi Le Meur impose en plus un DPE compris entre A et E depuis le 21 novembre 2024, sous peine d'une amende administrative pouvant atteindre 5 000 €.

Fiscalité de la revente d'un bien en LMNP en 2026 : à quoi s'attendre ?

La fiscalité de la revente en LMNP en 2026 s'inscrit dans une logique plus technique qu'auparavant, sans pour autant remettre en cause l'intérêt global du statut. Le LMNP, en tant que dispositif fiscal, reste basé sur une optimisation des revenus locatifs via le régime réel, notamment grâce aux amortissements pratiqués chaque année. Mais la différence majeure aujourd'hui se joue à la sortie du bien : c'est à ce moment précis que la fiscalité immobilière devient plus sensible, car la plus-value est recalculée avec des règles ajustées.

Comprendre la logique fiscale de la revente en LMNP

Avant d'entrer dans les calculs, il est essentiel de comprendre que la revente d'un logement en LMNP ne dépend pas du régime d'imposition des loyers. Même si vous avez optimisé vos recettes locatives avec le régime réel ou le micro-BIC, la plus-value suit une logique distincte. Autrement dit, la fiscalité des loyers et la fiscalité de revente ne fonctionnent pas sur le même mécanisme. Ce découplage explique pourquoi certains investisseurs découvrent une taxation plus élevée à la sortie, malgré des années d'optimisation fiscale.

Comment se structure la plus-value en LMNP ?

La base de calcul repose sur la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition corrigé. Depuis les ajustements récents, les sommes amorties pendant la période de détention viennent réduire le prix d'achat fiscal, ce qui modifie directement la base imposable.

Pièce élégante avec sols en marbre et mobilier design, image claire d’un appartement meublé contemporain.

Pour illustrer cette logique, prenons un investissement simple :

  • Un logement acheté 150 000 €, détenu en LMNP pendant 12 ans, avec 60 000 € de dotations cumulées, puis revendu 220 000 € ;
  • Dans une logique ancienne, la plus-value aurait été calculée sur une base classique, sans retraitement des amortissements ;
  • Aujourd'hui, le raisonnement fiscal est différent : le prix d'acquisition est ajusté des sommes amorties, la base fiscale s'en trouve réduite, et la plus-value imposable augmente mécaniquement.

 

Tableau d'impact du mécanisme de réintégration

Pour mieux visualiser l'effet de ce retraitement, on peut comparer les deux approches de calcul :

Élément fiscal Logique classique Logique LMNP 2026
Prix d'achat retenu 150 000 € 150 000 €
Amortissements Non pris en compte -60 000 €
Base fiscale 150 000 € 90 000 €
Prix de vente 220 000 € 220 000 €
Plus-value 70 000 € 130 000 €

 

Cette mécanique montre clairement que les dotations utilisées pour optimiser les loyers ont un impact différé sur la sortie. Cette évolution ne signifie pas une perte d'intérêt du LMNP, mais une redistribution de l'avantage fiscal dans le temps : pendant la détention, le régime réel permet de réduire fortement, voire d'annuler, les impôts sur les revenus locatifs ; à la revente, une partie de cet avantage est « retraitée » dans le calcul de la plus-value, ce qui crée un équilibre global plus cohérent sur la durée.

Les abattements liés à la durée de détention

Une fois la plus-value brute déterminée, la fiscalité n'est pas figée : elle est ensuite réduite par des abattements liés à la durée de détention, ce qui reste un levier essentiel prévu par le Code général des impôts.

Durée de détention Income tax Social security contributions
Moins de 6 ans Aucun abattement Aucun abattement
6 à 21 ans Réduction progressive de 6 %/an Réduction de 1,65 %/an
22 ans Exonération totale IR Abattement progressif
30 ans Exonération totale IR Exonération totale

 

La logique est simple : plus le bien est conservé longtemps, plus la fiscalité diminue. Un bien détenu sur une courte période supportera une fiscalité plus élevée ; un bien conservé sur le long terme devient progressivement neutre fiscalement, ce qui renforce l'intérêt d'une approche patrimoniale plutôt que spéculative. Pour un investisseur possédant plusieurs biens, ces abattements modifient profondément la rentabilité globale, la logique n'étant pas uniquement de générer des revenus locatifs, mais aussi de bien planifier la sortie.

Investir en LMNP en 2026 : un placement encore rentable ?

Malgré ce durcissement fiscal, le LMNP conserve de solides atouts pour un investisseur patient. Voici pourquoi, et comment il se positionne face au nouveau dispositif Jeanbrun.

Les avantages du LMNP malgré les réformes récentes

Le LMNP reste l'un des rares statuts qui combine rendement élevé et fiscalité maîtrisée. Sur des biens correctement sélectionnés, la rentabilité brute observée oscille aujourd'hui entre 5 % et 10 %, selon la ville, le type de bien et le mode de gestion. Parmi les avantages qui demeurent intacts : des loyers libres, sans plafond de ressources imposé au locataire, contrairement aux dispositifs subventionnés ; un bail plus flexible (bail meublé d'un an, ou bail mobilité de 1 à 10 mois) ; des amortissements toujours actifs, sans plafonnement, pour neutraliser l'imposition pendant la détention ; et une activité locative soutenue par un marché porteur dans les grandes métropoles et les villes étudiantes.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Le rendement affiché ne veut rien dire sans la fiscalité nette qui va avec. Un bien à 5 % net d'impôt en LMNP réel peut surperformer un bien affiché à 8 % brut mal fiscalisé. Regardez toujours le cash-flow réel après impôt, jamais le rendement de façade.

Les résidences services, un cadre fiscal préservé

Les résidences services conservent un avantage décisif : elles échappent totalement à la réintégration des amortissements dans la plus-value, tant que le bail commercial court. Étudiantes, seniors, ou EHPAD, ces résidences bénéficient d'un cadre fiscal stabilisé, alors même que le reste du LMNP se durcit. Ce point en fait, en 2026, l'une des niches les plus sûres du secteur pour un investisseur cherchant de la visibilité fiscale à long terme.

LMNP ou dispositif Jeanbrun : quel choix pour investir ?

Depuis février 2026, un nouveau concurrent est entré sur le marché de la défiscalisation locative : le dispositif Jeanbrun, aussi appelé statut du bailleur privé. Contrairement au LMNP, il s'applique à la location nue, avec des amortissements pouvant atteindre 5,5 % par an sur 80 % de la valeur du bien. La différence est simple à retenir : le Jeanbrun impose des loyers plafonnés et un engagement de location de 9 ans, mais il n'entraîne aucune réintégration à la revente. Le LMNP, lui, offre des loyers libres et un rendement souvent supérieur, au prix d'une fiscalité de sortie plus lourde.

Criteria LMNP réel Dispositif Jeanbrun
Type de location Meublée Nue
Loyers Libres Plafonnés
Engagement de durée Aucun 9 ans minimum
Amortissement Sans plafond légal 3 à 5,5 % sur 80 % du bien
Réintégration à la revente Oui, depuis 2025 Non

 

Ces deux dispositifs sont complémentaires plus que concurrents. Un investisseur cherchant du rendement et de la flexibilité privilégiera le LMNP ; un profil fortement imposé, cherchant à réduire son revenu global, regardera de près le Jeanbrun. Vous ne savez pas quel montage correspond à votre profil fiscal ? Une simulation personnalisée avec nos conseillers permet de trancher en quelques minutes.

Simulateur d'économie d'impôt Jeanbrun

Déclaration LMNP 2026 : les obligations selon le régime fiscal choisi

Au-delà du choix de régime, la déclaration reste une obligation annuelle incontournable, et les modalités diffèrent fortement entre micro-BIC et régime réel.

Déclaration simplifiée au régime micro-BIC

Au micro-BIC, la déclaration reste très légère : vous reportez simplement le montant brut de vos loyers sur le formulaire 2042 C PRO, dans la case correspondant à votre type de location. L'administration fiscale applique automatiquement l'abattement forfaitaire, sans qu'aucune pièce justificative ne soit à joindre, sauf demande expresse de l'administration.

Liasse fiscale et échéances du régime réel en 2026

Au régime réel, les obligations sont plus lourdes, mais aussi plus techniques : une liasse fiscale complète (formulaires 2031 et annexes) doit être transmise, généralement en mai 2026 pour les revenus de l'année 2025, avant la déclaration de revenus classique. Cette liasse détaille le résultat comptable, le tableau des dotations, et le bilan simplifié de votre activité locative. Un expert-comptable spécialisé en LMNP est vivement recommandé pour sécuriser ce calcul, en particulier depuis la réintégration des amortissements à la revente.

Pour les loueurs de meublés de tourisme, un nouveau téléservice national d'enregistrement doit par ailleurs devenir opérationnel au plus tard le 20 mai 2026, conformément à l'article L. 324-1-1 du Code du tourisme, modifié par la loi Le Meur.

LMNP 2026 : investissez dans le meublé cette année

Oui, le LMNP reste un placement pertinent en 2026, à condition d'ajuster sa stratégie. Le régime réel conserve son moteur fiscal principal : les amortissements. La plus-value se calcule différemment, mais elle reste maîtrisable sur une détention longue. Seuls les meublés de tourisme non classés perdent réellement en attractivité fiscale.

Le vrai changement n'est pas dans la disparition du LMNP. Il est dans la nécessité de mieux préparer chaque projet, dès l'achat jusqu'à la revente : choisir le bon régime, faire classer son bien si besoin, vérifier le DPE, anticiper la plus-value, ce sont désormais les réflexes indispensables d'un investisseur locatif averti. Vous souhaitez concrétiser un projet locatif avant la fin de l'année ? Nos conseillers vous accompagnent, de la recherche du bien jusqu'à la mise en location, en tenant compte de toutes les évolutions fiscales 2026.

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FAQ

Un investisseur LMNP peut-il aussi profiter du dispositif Jeanbrun ?

Non, pas sur le même bien. Le dispositif Jeanbrun concerne exclusivement la location nue en direct. Il est incompatible avec le régime LMNP, qui relève des bénéfices industriels et commerciaux. Un investisseur peut en revanche détenir un bien en LMNP et un autre sous statut de bailleur privé.

Le LMNP est-il soumis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) ?

Oui, en principe. Tout loueur en meublé, professionnel ou non, est redevable de la CFE dès la première année complète d'activité. Certaines communes accordent toutefois des exonérations, notamment pour les locations de la résidence principale du loueur.

Que devient le numéro d'enregistrement des meublés de tourisme en 2026 ?

Le téléservice national prévu par la loi Le Meur doit être opérationnel au plus tard le 20 mai 2026. Chaque meublé de tourisme devra alors disposer d'un numéro de déclaration unique, sous peine d'amende administrative.

Une SCI peut-elle opter pour le statut LMNP ?

En principe non, sauf exception limitée. Une location meublée exercée par une SCI soumise à l'impôt sur le revenu la fait généralement basculer à l'impôt sur les sociétés, sauf tolérance de 10 % de recettes accessoires. Mieux vaut consulter un expert-comptable avant de structurer un projet en société.

Le déficit BIC non professionnel est-il reportable en 2026 ?

Oui. Le déficit issu du régime réel LMNP reste imputable sur les bénéfices de même nature (location meublée non professionnelle) pendant les dix années suivantes, conformément aux règles habituelles des BIC non professionnels.

Quels sont les avantages concrets à connaître avant d'investir en LMNP ?

Il faut savoir que les avantages du LMNP restent nombreux : des revenus locatifs peu ou pas imposés pendant plusieurs années grâce aux amortissements, la possibilité de déduire de nombreuses charges (frais de gestion, assurance, travaux), et un accès facilité au statut pour la plupart des logements meublés, y compris ceux situés en résidences services. Autre avantage à savoir : le LMNP ne fixe aucun plafond de loyers, ce qui laisse une vraie liberté de fixation des prix sur vos locations.

Comment savoir si mes charges sont bien déductibles au régime réel ?

Vérifiez qu'elles sont directement liées à l'activité de location meublée : frais de gestion, taux d'intérêt de l'emprunt, primes d'assurance, travaux, ou amortissements du mobilier et du bien immobilier. Les honoraires de comptabilité engagés pour établir votre liasse fiscale sont eux aussi déductibles, tout comme les frais liés à la déclaration de vos revenus annuels issus de vos locations.

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Manual RAVIER

Co-fondateur, Investissement-Locatif.com

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Manuel Ravier a co-fondé Investissement-Locatif.com en 2012 pour aider les particuliers à investir sans se perdre dans la complexité fiscale française. Depuis, il a guidé des milliers de primo-investisseurs vers des projets locatifs rentables et sécurisés. Sa conviction : la clarté stratégique prime toujours sur l'opportunité immobilière isolée.

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