LMNP conditions : les critères et les obligations à remplir en 2026 !

En 2026, le statut LMNP repose sur 4 conditions principales : louer un logement meublé conforme, respecter le plafond de 23 000 € de recettes annuelles, rester sous les seuils du LMP et effectuer son immatriculation dans les 15 jours suivant le début d’activité.

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  • Article rédigé par Manuel RAVIER
  • Co-fondateur, Investissement-Locatif.com
Temps de lecture 5 minutes Mis à jour le samedi 27 juin 2026
Summary
Qu'est-ce que le statut LMNP et à qui s'adresse-t-il ?
Les 4 conditions cumulatives pour obtenir le statut LMNP en 2026
Les critères du logement meublé éligible au LMNP
Les plafonds LMNP en 2026 : comprendre les seuils pour éviter le basculement en LMP
Les obligations fiscales et déclaratives du loueur en meublé non professionnel
Les réformes fiscales 2025-2026 qui impactent les conditions du LMNP
Les erreurs à éviter pour conserver son statut LMNP
Le LMNP en 2026 reste avantageux, mais demande de la rigueur
lmnp-conditions

Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) attire chaque année des milliers d'investisseurs grâce à ses avantages fiscaux. Mais attention : les réformes fiscales de 2025 et 2026 ont changé les règles du jeu. Loi Le Meur, réintégration des amortissements, hausse des prélèvements sociaux... Le paysage évolue vite. Ainsi, avant de vous lancer, maîtrisez les conditions d'accès au LMNP en 2026.

Qu'est-ce que le statut LMNP et à qui s'adresse-t-il ?

Avant d'entrer dans le détail des critères d'éligibilité, posons les bases. Comprendre ce qu'est réellement le LMNP vous évite des erreurs de positionnement dès le départ.

Définition du Loueur en Meublé Non Professionnel

Le statut LMNP désigne un particulier qui met en location un ou plusieurs logements meublés, sans que cette activité constitue son activité professionnelle principale.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le LMNP n'est pas un simple régime fiscal anodin. C'est un statut hybride. Il génère des obligations comptables et fiscales proches de celles d'une entreprise, tout en s'adressant à des bailleurs particuliers.

Salon avec œuvres encadrées, fauteuil en bois et table fleurie dans un appartement loué meublé

Les revenus issus d'une activité LMNP sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), et non dans les revenus fonciers. Cette distinction est fondamentale. Elle ouvre la porte à des mécanismes d'optimisation fiscale puissants, notamment l'amortissement comptable du bien immobilier et du mobilier.

Les différences essentielles entre LMNP, LMP et location nue

Ces trois régimes sont souvent confondus. Voici un tableau comparatif pour y voir clair :

Criteria LMNP LMP Location nue
Type of property Meublé Meublé Non meublé
Catégorie fiscale BIC non professionnel BIC professionnel Revenus fonciers
Plafond de recettes < 23 000 €/an OU < 50 % des revenus du foyer ≥ 23 000 € ET ≥ 50 % du revenu global Aucun plafond
Amortissement Oui (régime réel) Oui Non
Déficit imputable Sur BIC LMNP seul (10 ans) Sur revenu global Sur revenus fonciers (10 ans)
Cotisations sociales Prélèvements sociaux 18,6 % URSSAF (~35-40 %) Social security contributions
Plus-value à la revente Régime des particuliers Régime des professionnels Régime des particuliers

 

La frontière entre LMNP et LMP est définie à l'article 155 IV du Code Général des Impôts (CGI). Dépasser les seuils LMNP entraîne un basculement automatique en LMP, avec des conséquences sociales et fiscales lourdes.

Pourquoi choisir le LMNP pour son investissement locatif en 2026 ?

Malgré les réformes fiscales récentes, le LMNP conserve des atouts incontestables pour tout investisseur cherchant à construire un patrimoine rentable.

Voici les raisons principales de choisir le LMNP en 2026 :

  • 🏠 Des loyers plus élevés qu'en location nue, souvent de 15 à 25 % supérieurs à surface identique.
  • 📊 Un rendement brut entre 5 % et 10 % selon la ville et le type de bien.
  • 💰 L'amortissement du bien au régime réel, toujours déductible et non plafonné en 2026.
  • 🔒 Une fiscalité maîtrisable : revenu imposable proche de zéro pendant plusieurs années au régime réel.
  • 📅 Une exonération totale de plus-value après 22 ans de détention (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux).

 

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

En 2026, le LMNP reste l'un des rares dispositifs où l'on peut percevoir des loyers nets d'impôts pendant 10 à 15 ans grâce à l'amortissement. Mais il faut choisir le bon bien, dans la bonne ville, avec le bon régime fiscal. C'est là que l'expertise fait toute la différence.

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Les 4 conditions cumulatives pour obtenir le statut LMNP en 2026

Obtenir le statut LMNP ne se fait pas par défaut. Quatre conditions doivent être réunies simultanément. En manquer une seule, c'est risquer une requalification fiscale. Faisons le point.

Condition n°1 : être un particulier ou une structure non soumise à l'IS

La première condition est souvent négligée. Le statut LMNP est réservé aux personnes physiques. Une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés ne peut pas bénéficier du régime LMNP.

En revanche, une SARL de famille (option IR) peut opter pour le LMNP dans certains cas spécifiques, sous conditions strictes.

Qui peut bénéficier du LMNP ?

  • Un particulier résident fiscal français
  • Un particulier non-résident (sous réserve des conventions fiscales)
  • Une indivision de particuliers
  • Une SCI à l'IR sous conditions

 

Un investisseur qui achète via une SCI à l'IS perd d'emblée l'accès au régime LMNP. C'est une erreur fréquente que nous observons chez les primo-investisseurs.

Condition n°2 : louer un logement meublé conforme au décret de 2015

La deuxième condition est strictement matérielle. Votre logement doit être reconnu comme "meublé" au sens légal du terme.

La référence légale est l'article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989, précisé par le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (entré en vigueur le 1er septembre 2015). Ce texte est disponible sur Légifrance.

La loi définit un logement meublé comme : "un logement décent équipé d'un mobilier en nombre et en qualité suffisants pour permettre au locataire d'y dormir, manger et vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante."

Un logement sans la totalité des équipements requis peut être requalifié en location nue par un juge. Les conséquences sont lourdes : perte du régime LMNP, bascule vers les revenus fonciers et rattrapage d'impôts sur 3 ans.

Condition n°3 : respecter les plafonds de recettes locatives annuelles (23 000 €)

Le seuil de 23 000 € est la ligne de démarcation entre le LMNP et le LMP. Cette condition est définie à l'article 155 IV du CGI.

Pour rester en LMNP, l'une ou l'autre des deux conditions suivantes doit être remplie :

  • Vos recettes locatives annuelles (charges comprises) sont inférieures à 23 000 €
  • OU vos recettes locatives restent inférieures à 50 % du revenu global de votre foyer fiscal

 

⚠️ Attention : il s'agit bien des recettes brutes, et non du bénéfice. Même si vous êtes en déficit, le seuil s'apprécie sur les loyers encaissés.

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Le plafond de 23 000 € est souvent perçu comme un plafond de verre. En réalité, il peut aussi être un levier de stratégie : certains investisseurs choisissent délibérément de rester sous ce seuil pour éviter les cotisations URSSAF du LMP. Avec un bon rendement, 23 000 € de loyers annuels peuvent représenter un portefeuille de 3 à 5 biens bien positionnés.

Condition n°4 : s'immatriculer et obtenir un numéro SIRET auprès de l'INPI

Beaucoup d'investisseurs ignorent cette obligation. Pourtant, sans immatriculation, votre activité LMNP n'est pas légalement déclarée. Depuis 2023, l'immatriculation s'effectue exclusivement sur le guichet unique de l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), sur le portail formalites.entreprises.gouv.fr.

Cette formalité est gratuite et génère un numéro SIRET, indispensable pour :

  • Déclarer vos revenus BIC
  • Facturer en tant que loueur professionnel
  • Ouvrir un compte bancaire dédié (recommandé au régime réel)
  • Payer votre Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

 

La déclaration doit être faite dans les 15 jours suivant le début de votre activité locative. Passé ce délai, vous vous exposez à des irrégularités administratives.

Les critères du logement meublé éligible au LMNP

Votre bien immobilier doit répondre à des exigences précises pour valider votre statut. Ces critères concernent le mobilier, la surface, la décence et les performances énergétiques.

La liste des 11 équipements mobiliers obligatoires

Selon le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015, voici les 11 catégories d'équipements obligatoires dans tout logement meublé loué en résidence principale :

Équipement obligatoire
1 Literie comprenant couette ou couverture
2 Dispositif d'occultation des fenêtres dans les chambres
3 Plaques de cuisson
4 Four ou four à micro-ondes
5 Réfrigérateur avec compartiment à ≤ -6°C
6 Vaisselle nécessaire à la prise des repas
7 Ustensiles de cuisine
8 Table et sièges
9 Étagères de rangement
10 Luminaires
11 Matériel d'entretien ménager adapté

 

⚠️ Un seul élément manquant suffit à invalider le caractère "meublé" du logement. La liste est exhaustive et non négociable. Dressez systématiquement un inventaire contradictoire signé lors de l'état des lieux d'entrée (article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989).

Les exigences de surface, de décence et de performance énergétique

Au-delà du mobilier, votre logement doit satisfaire à des critères de décence définis par le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002.

Cette chambre à coucher meublée, inondée de lumière grâce à ses deux grandes fenêtres, illustre l'essence d'un investissement en LMP ou LMNP : offrir un espace de vie confortable et optimisé, tout en maximisant les avantages fiscaux de la location

Les exigences clés à retenir en 2026 :

  • Surface minimale : 9 m² de surface habitable avec une hauteur sous plafond d'au moins 2,20 m
  • Volume habitable : au moins 20 m³
  • Sécurité : installation électrique et chauffage conformes, pas de risques pour la santé
  • DPE : depuis novembre 2024, tout meublé de tourisme mis en location doit afficher un DPE minimum de classe E. Ce seuil passera à D à partir du 1er janvier 2034.

 

Manuel RavierLES CONSEILS DE MANUEL

Les exigences énergétiques vont progressivement se durcir. Investir aujourd'hui dans un bien classé D ou C, c'est s'assurer une valeur verte durable, une rentabilité préservée sur le long terme et une conformité anticipée aux futures obligations. C'est aussi un argument de loyer supérieur.

Quels types de biens et de locations sont compatibles avec le statut LMNP ?

Le LMNP s'applique à une large palette de biens et de formats locatifs.

Types de biens éligibles :

  • Appartements et maisons en location longue durée
  • Studios étudiants
  • Résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD, avec baux commerciaux)
  • Meublés de tourisme (Airbnb, Booking), avec les nouvelles règles de la loi Le Meur
  • Gîtes ruraux
  • Bail mobilité (1 à 10 mois, pour salariés en mobilité, étudiants)

 

Ce qui n'est PAS compatible avec le LMNP :

  • La location de locaux commerciaux ou de garages seuls
  • La para-hôtellerie (services hôteliers additionnels : petit-déjeuner, ménage quotidien, réception), imposée au régime TVA 10 %
  • Les baux nus (location sans mobilier)

 

Les plafonds LMNP en 2026 : comprendre les seuils pour éviter le basculement en LMP

L'un des enjeux majeurs du LMNP est la maîtrise des recettes. Trop de loyers et vous basculez dans un régime plus contraignant. Voici comment fonctionne ce mécanisme.

Comment s'apprécie le seuil de 23 000 € pour un foyer fiscal ?

Le seuil de 23 000 € s'apprécie au niveau du foyer fiscal dans son ensemble, et non par investisseur ou par bien.

Exemple : Marie et Pierre sont mariés et font une déclaration commune. Marie loue un studio meublé à Bordeaux pour 800 €/mois (9 600 €/an). Pierre loue un T2 meublé à Toulouse pour 1 200 €/mois (14 400 €/an). Total du foyer : 24 000 €/an.

Leurs revenus d'activité professionnelle combinés s'élèvent à 80 000 €.

✅ Condition 1 (< 23 000 €) : NON respectée, 24 000 € > 23 000 €

✅ Condition 2 (< 50 % du revenu global) : OUI respectée, 24 000 € < 50 % de (80 000 + 24 000) = 52 000 €

➡️ Le foyer reste en LMNP, grâce à la condition alternative sur la proportion des revenus.

Ce fonctionnement est codifié à l'article 155 IV du CGI. La double condition est alternative, pas cumulative.

Que se passe-t-il si vous dépassez les plafonds LMNP ?

Si vos recettes dépassent simultanément les 23 000 € et les 50 % du revenu global, vous basculez automatiquement en Loueur Meublé Professionnel (LMP).

Ce passage implique :

  • L'affiliation à l'URSSAF et des cotisations sociales de 35 à 40 % sur le bénéfice
  • L'imposition de la plus-value au régime professionnel (avec réintégration des amortissements)
  • La possibilité d'imputer les déficits sur le revenu global (avantage)
  • Une exonération de plus-value possible sous conditions après 5 ans d'activité et si les recettes restent sous 90 000 € (article 151 septies du CGI)

 

Le basculement est automatique et rétroactif à l'année de dépassement. Il ne nécessite aucune démarche administrative préalable, mais doit être déclaré.

Les obligations fiscales et déclaratives du loueur en meublé non professionnel

Être LMNP, c'est aussi respecter des obligations fiscales et administratives précises. Voici le tour complet de ce que vous devez faire chaque année.

Micro-BIC ou régime réel : choisir le bon régime d'imposition

Deux régimes s'offrent à vous en tant que LMNP. Le choix dépend principalement de vos charges et de votre stratégie de détention :

  • Régime micro-BIC : un abattement forfaitaire sur vos recettes brutes, sans justification de charges. Simple, mais limité.
  • Régime réel simplifié : déduction de toutes les charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, assurances, frais de gestion, taxe foncière, CFE) + amortissement du bien et du mobilier. Plus complexe, mais bien plus puissant fiscalement.

 

📌 Règle pratique : si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire applicable, optez pour le régime réel. Dans la quasi-totalité des investissements financés à crédit, le réel est plus avantageux.

Les abattements et plafonds du micro-BIC applicables en 2026

La loi Le Meur (loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024) a profondément remanié le micro-BIC pour les meublés de tourisme. Voici l'état des règles applicables aux revenus 2026 :

Type de location Plafond micro-BIC Abattement forfaitaire
Location meublée longue durée 83 600 € (revenus 2026) 50 %
Meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles) 77 700 € 50 %
Meublé de tourisme non classé 15 000 € 30 %
Zone rurale très peu dense (ZRTP) 77 700 € 50 % (régime dérogatoire)

 

⚠️ Les meublés de tourisme non classés ont vu leur abattement chuter de 50 % à 30 % depuis le 1er janvier 2025. Au-delà de 15 000 € de recettes, le passage au régime réel devient obligatoire.

Les obligations comptables et déclaratives au régime réel

Au régime réel simplifié, vous devez :

  • Tenir une comptabilité complète (livre de recettes, registre des immobilisations, tableau des amortissements)
  • Déposer une liasse fiscale (formulaires Cerfa 2031 et 2033) chaque année en mai sur impots.gouv.fr
  • Compléter la déclaration 2042-C-PRO pour reporter votre résultat BIC dans votre déclaration de revenus personnelle
  • Conserver tous les justificatifs de charges pendant 6 ans minimum

 

Le coût d'un expert-comptable spécialisé LMNP varie entre 800 € et 1 500 €/an. Depuis la loi de finances 2025 (article 11, suppression de la réduction OGA), ces honoraires sont directement déductibles de votre résultat imposable.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : une obligation souvent oubliée

La CFE est une taxe locale due par tous les loueurs en meublé, qu'ils soient au micro-BIC ou au réel. Elle est souvent la grande oubliée du LMNP.

Ce qu'il faut savoir :

  • La CFE est due dès la première année d'activité (avec une exonération la première année de création)
  • Son montant varie selon la commune et la valeur locative du bien : généralement entre 100 € et 1 500 €/an
  • Elle doit être payée autour du 15 décembre de chaque année
  • Elle est déductible de votre résultat imposable au régime réel

 

Une exonération de CFE est possible pour les bailleurs dont les recettes annuelles sont inférieures à 5 000 € (article 1459 du CGI, exonération permanente sous conditions).

Les réformes fiscales 2025-2026 qui impactent les conditions du LMNP

L'environnement réglementaire du LMNP a connu de profonds bouleversements. Voici ce qui a changé et ce qui reste stable en 2026.

La réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value depuis 2025

C'est la réforme la plus structurante pour les investisseurs LMNP. Depuis le 1er janvier 2025 (loi de finances 2025, article 84, validée par le Conseil constitutionnel), les amortissements déduits pendant la période de détention sont réintégrés dans la base de calcul de la plus-value à la revente.

Exemple : un investisseur achète un appartement 200 000 € en 2018. Il amortit 6 000 €/an pendant 7 ans, soit 42 000 € d'amortissements cumulés.

En 2025, il revend le bien 250 000 €.

  • Avant la réforme : Plus-value = 250 000 - 200 000 = 50 000 € imposables
  • Après la réforme : Plus-value = 250 000 - (200 000 - 42 000) = 92 000 € imposables

 

➡️ La base imposable augmente de 84 % dans cet exemple.

Intérieur moderne et lumineux d'un appartement meublé.

Les abattements pour durée de détention restent applicables (exonération IR après 22 ans, prélèvements sociaux après 30 ans).

Exception importante : les résidences étudiantes, seniors et EHPAD sont totalement exemptées de cette réintégration.

Les nouvelles règles applicables aux meublés de tourisme (loi Le Meur)

La loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024, dite "loi Le Meur" ou "loi anti-Airbnb", a redessiné la fiscalité des meublés de courte durée. Les principales mesures en vigueur en 2026 :

  • Abattement micro-BIC des non classés réduit à 30 % (plafond 15 000 €)
  • Obligation d'enregistrement sur le portail national Declaloc avant le 20 mai 2026
  • Sanctions : jusqu'à 10 000 € pour défaut d'enregistrement, 20 000 € pour fausse déclaration
  • Pouvoirs renforcés des maires pour limiter les meublés touristiques dans les zones tendues
  • Les syndics de copropriété peuvent interdire les meublés de tourisme à la majorité des 2/3 (contre l'unanimité auparavant)

 

L'interdiction progressive de louer les passoires thermiques classées F et G

La réglementation énergétique s'impose progressivement à la location meublée. En 2026, les logements classés F et G (DPE) font l'objet de restrictions croissantes. Calendrier des interdictions en location longue durée :

  • Depuis le 1er janvier 2023 : interdiction de louer les logements G avec une consommation > 450 kWh/m²/an
  • 1er janvier 2025 : interdiction de louer les logements G (tous)
  • 1er janvier 2028 : interdiction de louer les logements F
  • 1er janvier 2034 : interdiction de louer les logements E

 

Pour les meublés de tourisme, la loi Le Meur impose un DPE minimum de classe E depuis novembre 2024, avec montée à classe D en 2034.

Ce qui a été maintenu : les amortissements restent déductibles en 2026

Bonne nouvelle pour les investisseurs LMNP au régime réel : le plafonnement de l'amortissement à 2 %, proposé dans un sous-amendement au PLF 2026, a été rejeté lors des débats parlementaires. En 2026, les loueurs meublés conservent intégralement :

  • L'amortissement par composants (bâti sur 25-30 ans, mobilier sur 5-7 ans)
  • Des taux effectifs de 2,5 % à 4 % selon les composants
  • La possibilité de neutraliser fiscalement une large part des loyers perçus

 

La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026 et est entrée en vigueur le 21 février 2026. Elle confirme la préservation du mécanisme d'amortissement LMNP.

Les erreurs à éviter pour conserver son statut LMNP

Le LMNP est un statut qui se mérite. Des erreurs, même minimes, peuvent vous coûter votre statut et générer des rappels fiscaux importants. Voici les quatre pièges les plus courants.

Négliger le respect du mobilier obligatoire

C'est l'erreur la plus courante chez les nouveaux loueurs. Un logement qui ne respecte pas les 11 équipements du décret 2015-981 peut être requalifié en location nue par un tribunal, à la demande du locataire.

Les conséquences :

  • Perte rétroactive du régime BIC et de l'amortissement
  • Bascule vers la fiscalité des revenus fonciers (souvent moins favorable)
  • Déclarations rectificatives et intérêts de retard

 

🎯 Réflexe clé : dressez un inventaire contradictoire complet, annexé au bail, avec photos datées de chaque équipement.

Oublier de surveiller ses recettes annuelles

La vigilance sur le seuil de 23 000 € doit être permanente, surtout en cas d'augmentation des loyers ou d'acquisition d'un nouveau bien. Une révision annuelle de vos recettes en début d'année civile permet d'anticiper un éventuel basculement en LMP. Si ce risque est imminent, des ajustements stratégiques sont possibles (modulation des loyers, calendrier d'acquisition).

Confondre LMNP, LMP et para-hôtellerie

La para-hôtellerie est souvent confondue avec le LMNP. Pourtant, dès lors que vous proposez au moins trois des quatre services suivants (réception des clients, petit-déjeuner, ménage quotidien, fourniture de linge), votre activité bascule en para-hôtellerie.

Ce régime implique :

  • Une facturation avec TVA à 10 %
  • Des cotisations sociales d'indépendant (URSSAF)
  • Un régime fiscal distinct du LMNP

 

Cette confusion peut être fiscalement très coûteuse si elle est détectée lors d'un contrôle fiscal.

Omettre les obligations administratives lors du démarrage de l'activité

Démarrer une activité LMNP sans respecter les formalités administratives expose à des irrégularités. Le checklist du démarrage :

  • Immatriculation à l'INPI (dans les 15 jours suivant le début d'activité)
  • Déclaration en mairie pour les meublés de tourisme
  • Enregistrement sur Declaloc pour les meublés de tourisme (avant le 20 mai 2026)
  • Choix du régime fiscal : micro-BIC ou réel (la première déclaration engage souvent pour deux ans)
  • Ouverture d'un compte bancaire dédié (fortement recommandé au régime réel pour la clarté comptable)

 

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Le LMNP en 2026 reste avantageux, mais demande de la rigueur

Le statut LMNP reste une solution intéressante pour investir dans l’immobilier meublé en 2026. Avec des loyers potentiellement plus élevés, un régime fiscal avantageux au réel et la possibilité de réduire fortement l’imposition grâce aux amortissements, il offre de belles opportunités aux investisseurs.

Cependant, le LMNP ne doit pas être considéré comme un dispositif automatique. Respect du plafond de 23 000 €, logement conforme aux règles du meublé, immatriculation, choix du régime fiscal et suivi des obligations comptables sont indispensables pour conserver ses avantages.

Avant de vous lancer, prenez donc le temps d’analyser votre projet, votre stratégie locative et votre situation fiscale. Un LMNP bien préparé peut devenir un véritable outil de création de patrimoine, à condition de respecter les règles et d’anticiper les évolutions fiscales.

FAQ

Peut-on cumuler LMNP et location nue dans le même foyer fiscal ?

Oui, tout à fait. Vous pouvez simultanément louer un bien en nu (revenus fonciers) et un bien en meublé (BIC LMNP). Les deux régimes coexistent dans la même déclaration fiscale. Les revenus fonciers et les BIC sont déclarés sur des feuillets distincts (2044 pour le foncier, 2042-C-PRO pour le BIC). En revanche, les déficits ne peuvent pas se compenser entre les deux catégories.

Le LMNP est-il accessible aux non-résidents fiscaux français ?

Oui, un non-résident peut exercer une activité LMNP en France. Ses revenus locatifs français restent imposables en France selon les règles BIC. Les conventions fiscales internationales permettent généralement d'éviter la double imposition. Il est cependant vivement conseillé de consulter un expert fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière avant d'investir.

Le bail mobilité est-il compatible avec le statut LMNP ?

Oui. Le bail mobilité (d'une durée de 1 à 10 mois, non renouvelable) est pleinement compatible avec le LMNP. Il ne nécessite pas de dépôt de garantie, mais le logement doit respecter les 11 équipements du décret 2015-981. Ce format est particulièrement adapté aux zones universitaires ou aux bassins d'emploi avec forte mobilité professionnelle.

Est-il possible de passer du micro-BIC au régime réel en cours d'activité ?

Oui, vous pouvez basculer du micro-BIC au régime réel. L'option doit être notifiée à l'administration fiscale avant le 1er février de l'année d'imposition concernée. Une fois choisie, l'option est tacitement reconduite chaque année, sauf renonciation dans le même délai. Ce changement permet d'accéder à l'amortissement et à la déduction des charges réelles.

La SCI peut-elle bénéficier du statut LMNP ?

Une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) ne peut PAS bénéficier du LMNP. En revanche, une SCI à l'impôt sur le revenu (IR) peut exercer une activité de location meublée, à condition que cette activité reste accessoire (moins de 10 % des recettes totales). Au-delà, la SCI IR bascule automatiquement à l'IS. La SARL de famille (option IR) est souvent une structure plus adaptée pour les projets LMNP en famille.

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Manual RAVIER

Co-fondateur, Investissement-Locatif.com

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Expert en stratégie locative. Il a accompagné de nombreux investisseurs dans le repositionnement de leur bien après la loi Le Meur, vers des formats plus stables et moins exposés aux aléas réglementaires.

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